«L 'histoire se répète », sourit Michel Preud'homme... Comme il y a un an, la dernière journée du calendrier propose à l'entraîneur qui a ramené le titre à Sclessin des retrouvailles avec « son » Standard. Cette fois, l'affrontement final (enfin, avant les play-off) aura lieu en bord de Meuse, et non plus dans un stade de Gand qui avait permis à Bolat de devenir le héros de toute une tribu.
Comme il y a un an, ce duel sera décisif. « La saison passée, c'était pour que le Standard puisse jouer le titre. » Cette fois, c'est pour que les Rouches ne se retrouvent pas éjectés des play-off 1. Car, désormais, ce sont bien les Buffalos qui devancent les Liégeois au classement. Troisièmes et bien partis en demi-finale de la Coupe (2-2 à Malines, à l'aller), ils signent actuellement une saison très réussie.
Dimanche, c'est vous, une figure historique de la maison « rouche », qui aurez la possibilité d'écarter définitivement le Standard des play-off 1 ...
Oui, mais je travaille pour Gand. L'an passé, on méritait un point et on est revenu les mains vides de Sclessin. C'est notre métier d'être professionnel. Le reste, les sentiments, c'est autre chose.
La semaine s'annonce chargée : à Sclessin dimanche, suivi de la réception de Malines, en Coupe, jeudi...
Pour nous, le premier objectif est atteint : nous sommes qualifiés pour les play-off 1. Évidemment, nous voulons engranger un maximum de points. Dans un premier temps, le calendrier était le suivant : nous jouions contre le Standard dimanche passé, puis nous avions une semaine pour préparer la demi-finale retour, ce week-end. Vu l'absence de système de chauffage sur certaines pelouses, il a fallu réaliser un nouveau calendrier. Nous n'avons donc plus que quatre jours entre ces deux matchs. On est un peu préjudicié. Pour moi, le match le plus important, c'est la demi-finale de Coupe. S'il y avait sept jours entre ces deux rencontres, cela aurait été différent.
On imagine mal Gand venir lever le pied à Sclessin...
Non, mes joueurs ne vont pas lever le pied. L'équipe alignée devra montrer des choses. Mais il y aura peut-être des changements. Ce qui n'est pas un problème lorsque tout mon noyau est disponible. J'ai toujours dit que nous n'avions pas que onze titulaires. Chaque joueur a un remplaçant de bon niveau. C'est notre force.
Une force d'autant plus enviable que les play-off débuteront dès le week-end prochain...
Oui, trois jours après ce match de Coupe, c'est déjà les play-off. Si on termine troisièmes, on aura un calendrier compliqué : on commence chez le 4e, avant de recevoir le premier, et d'enchaîner chez le 6e puis le 2e... trois déplacements en quatre matchs ! Quand on connaît l'importance du début d'une compétition... Enfin, on ne va pas extrapoler.
Pensez-vous que le Standard aura les jambes lourdes après sa performance de jeudi, en Coupe d'Europe ?
Non, s'il avait perdu 0-3 et qu'il avait été éliminé, alors là, il aurait eu ce match dans les jambes. Avec la qualification, les joueurs sont euphoriques. De ce que j'ai vu, le Standard est revenu à son top-niveau. Quand cette équipe est au sommet, elle est au-dessus de beaucoup d'autres, dont nous. En fait, en Belgique, lorsque tout le monde est au top, il y a deux équipes au-dessus du lot : le Standard et Anderlecht.
Mais dimanche, il n'y aura ni Mbokani, ni Defour.
Oui, mais, nous aussi, nous avons connu des blessures. C'est pareil dans chaque équipe.
On a l'impression que vous souffrez d'un manque de reconnaissance de la performance de Gand. Y a-t-il trop d'attente à vos yeux ?
On en a justement parlé mercredi avec des supporters. Je n'ai pas de problème avec le fait qu'il y ait de l'attente. Et je sais qu'on aurait pu faire mieux dans certains matches, où on n'a pas su concrétiser. On pourrait être à hauteur de Bruges. Mais une demi-finale de Coupe de Belgique et une troisième place, c'est déjà une très bonne saison pour Gand ! Je demande qu'on regarde la réalité des choses. J'ai observé les matches d'autres équipes du top contre Zulte ou Saint-Trond contre qui nous avons perdu des points - et elles se sont créé moins d'occasions que nous. Guido Brepoels (NDLR : l'entraîneur de Saint-Trond) a dit lui-même que personne ne l'avait mis en difficulté comme nous l'avons fait.
Et on a fait cela en vendant Ruiz - un joueur capable de débloquer un match à lui seul-, puis Maric. C'est ça, la réalité de Gand. Si d'autres avaient perdu Lukaku et Boussoufa, ou Witsel et Defour, on le soulignerait, mais pour nous, on ne rappelle pas cela.