Depuis 10 ans, la Ville de Charleroi a confié au service de médecine du sport de son CHU, via un contrat de gestion avec l'Intercommunale de santé publique, l'organisation du suivi médical des sportifs d'élite et des amateurs de son entité. Grâce à un subside de la Communauté française, ce contrat a été étendu à une campagne de promotion de la santé des jeunes : depuis juillet 2008, leur aptitude physique au sport et leurs performances à l'effort font l'objet de mesures.

Il s'agit de dépister des pathologies spécifiques, de les comparer au niveau des populations du même âge en zones rurales et dans d'autres régions. « Au total, 2 500 sujets doivent être soumis à des tests et 1 400 ont déjà passé ces examens sous la direction des Docteurs Emmanuel Collart et Jacques Lecomte du service de médecine sportive », note Ingrid Colicis échevine des Sports.

L'élément le plus alarmant vient des analyses spirométriques effectuées à Marcinelle sur 681 jeunes de 14 à 19 ans. On a mesuré leur ventilation après leur avoir imposé un effort maximal. Résultat : 15 % d'entre eux présentaient des caractéristiques d'asthme à l'effort, selon la littérature médicale, soit un taux deux fois supérieur à celui mesuré en zone rurale, à Pont-à-Celles, auprès d'une population du même âge.

Pour le Docteur Lecomte, et sous réserve de la validation de ces résultats par une nouvelle campagne de tests, il pourrait donc s'agir des effets de la pollution ambiante. Même si celle-ci aurait pu être forcée par la température, car le jour de l'examen, il faisait particulièrement froid, entre +2 et -1 degrés, ce qui peut affecter la fonction respiratoire.

Pour Ingrid Colicis, ce résultat semble montrer « combien la qualité de l'air a une nette incidence sur la santé de notre population, à quel point elle influence la santé de notre population » . L'échevine assure que l'on disposera des conclusions de ces tests cette année.

Autre constat : le volume élevé de tracés d'électrocardiogrammes hors norme chez les jeunes. Des anomalies mineures ont été détectées auprès de 140 des 727 sujets soumis à un examen cardiaque, c'est-à-dire 20 %. Pas d'effort intensif dans ce cas-ci, mais une mesure au repos. Explication ? Une histoire familiale, souvent.

Les médecins insistent sur l'importance de ces tests avant la pratique d'un sport. « Ils peuvent éviter des accidents graves ou tragiques » . Les mesures à l'effort révèlent ce que le rapport qualifie de performances très moyennes de la part des jeunes carolos. Ces valeurs témoignent de l'importance d'un travail de fond sur le plan de la condition physique chez les jeunes en général et les Carolos en particulier.D.A.