Lundi prochain, sur le coup de midi, des habitants de Faulx-Les Tombes manifesteront devant la maison communale de Gesves. Le moment n'est pas choisi au hasard, il marque la fin de l'enquête publique relative au projet qu'ils contestent. Ce projet, c'est la construction d'un hangar agricole de 1200 m2 à l'arrière de la ferme de Bloskin, vers la vallée du Struvia. Un bâtiment de 30 mètres sur 40 aux soubassements en béton gris et aux élévations en bardage bois. Le promoteur est l'exploitant de la ferme de Bloskin, M. de Jonckheere.

Selon les plans déposés à la commune de Gesves, les aménagements intérieurs feront du hangar une étable : zones de stabulation, d'affourage, de paillage et couloir de raclage sont prévus. Mais nulle part dans le dossier n'est indiquée clairement la destination du hangar. C'est bien ce qui fait tiquer les opposants. Une rumeur court selon laquelle ce sont des poulets, en quantité industrielle, qui seront élevés là. « Le bâtiment n'est pas dimensionné pour cela », relativise-t-on au service de l'urbanisme de Gesves. Et de préciser que le collège pourra s'il le souhaite inclure dans le permis l'obligation d'élever des bovins et rien d'autre.

Coup de poing dans l'oeil

Vaches, porcs ou poulets, peu importe. Les opposants demandent au collège de refuser le permis pour différents motifs :

- Le hangar, implanté fort près des premières maisons, va perturber l'harmonie des lieux, dont la valeur patrimoniale est reconnue par le Règlement communal d'urbanisme de la commune de Gesves.

- Le hangar sera construit à proximité d'une zone Natura 2 000 au fort intérêt biologique, non loin du site préhistorique des grottes de Goyet, dans un périmètre à haute valeur touristique ajoutée.

- La rue Moulins des Anglais, étroite et sinueuse, n'est pas adaptée à l'intensification du charroi, considèrent les opposants.

- Le sous-sol est en calcaire et non en schiste comme le décrit l'architecte. Le risque de pollution de la nappe phréatique et du ruisseau le Struvia (affluent du Samson) est donc bien réel.

- Rien n'est prévu pour contenir les eaux pluviales, qui devront se disperser dans le sol. Elles risquent de s'écouler vers les propriétés en contrebas.

- Les travaux nécessiteront l'abattage d'une série d'arbres. Des hautes tiges seront replantées pour dissimuler les installations, mais il faudra de nombreuses années avant d'obtenir un résultat probant.

En conclusion, les opposants dénoncent « un élevage intensif, desservant des intérêts privés non créateurs d'emplois, polluant par l'odeur, le bruit, les écoulements, la vue non intégrée dans le paysage, la mise à nu de nombreux arbres, (qui) va mettre à mal ce beau cadre paysager et les courageuses réalisations des entrepreneurs touristiques de la région. » A. Deb.