En parodiant l'air enjoué de « li ptite gayole », une poignée d'étudiant des FUNDP ont organisé hier une manifestation jusqu'au cabinet du ministre de l'enseignement supérieur Jean-Claude Marcourt, situé rue Kefer à Jambes. Leur but était simple : « ce qu'on veut, c'est que le gouvernement respecte ses engagements et arrête de nous jeter de la poudre aux yeux », explique Michaël Verbauwhede, responsable de campagne au sein de la FEF (Fédération des étudiant(e) s francophone).
Devant le peu de monde présent devant le cabinet du ministre Marcourt, les étudiants n'attendaient pas beaucoup de réactions. Ils ont pourtant été écoutés par le porte-parole du cabinet.
La manifestation d'hier n'avait pas pour but de faire bouger les choses tout de suite. « C'est plutôt une piqûre de rappel. On marche dans la rue, on chante, on essaye de se faire entendre. On passera aussi à Louvain-La-Neuve par exemple. Le but est d'attirer le plus de monde possible à la manifestation principale qui aura lieu à Bruxelles le 24 mars ».
Le projet « Sauvez Wendy »la manifestation prévue mercredi prochain à Bruxelles s'appuie sur l'histoire d'une étudiante parmi tant d'autres. Derrière le nom évocateur « Sauvez Wendy », le projet est expliqué concrètement avec un exemple simple : Wendy est étudiante. Le coût de ses études, elle le connaît. Comme nous tous, elle doit payer son inscription, ses syllabi, son kot, ses transports, ses repas...
C'est un fameux boulet qu'elle doit traîner pour devenir un jour juriste, vétérinaire, ingénieur ou assistante sociale.
Nous voulons tous que Wendy suive librement son parcours d'étudiante. C'est pourquoi nous demandons au Ministre de l'enseignement, Jean-Claude Marcourt, de sauver Wendy ! Depuis près de deux ans, la FEF milite pour la réduction du coût des études supérieures. Elle a notamment été à l'origine de la campagne ResPACT. Cette campagne, qui a fait l'objet d'un large soutien dans la société civile, francophone et flamande, demandait le respect du Pacte de New York, ratifié par la Belgique en 1983 et qui stipule que l'enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous, notamment par l'instauration progressive de la gratuité. Le Conseil interuniversitaire de la Communauté française (CIUF) et le Conseil général des Hautes écoles (CGHE), ainsi que les recteurs des universités francophones ont apporté leur soutien à cette campagne et à ses revendications. En mai 2009, 10 propositions ont été présentées aux partis démocratiques en vue des élections régionales.
« 8 mois et toujours pas de mesures prises »En juillet 2009, suite à la pétition ResPACT, ayant récolté plus 58 000 signatures, à un large soutien de la société civile et à la mobilisation de 4 500 personnes le 28 avril, le gouvernement de la Communauté française de Belgique s'est engagé, dans son accord de gouvernement, à réduire les coûts directs et indirects des études supérieures pour tous les étudiants.
« Mais voilà, ça fait 8 mois et il n'y a toujours rien eu comme mesures prises » constate Michaël Verbauwhede. Les membres de la FEF espèrent rallier plus d'un millier de personnes à Bruxelles, mercredi prochain.