Tout a commencé lorsque Mathieu, le fils de Mireille, 17 ans, a commencé à fréquenter Joseph, 73 ans, à aller régulièrement chez lui. Le hic, c'est que l'Amaytoise connaissait le passé de l'homme, et surtout son casier judiciaire : par deux fois, l'a justice l'a condamné pour faits de moeurs. Mireille, inquiète, avait beau mettre son veto, elle n'a jamais pu les empêcher de se voir.
Le 10 juin 2009, le hasard les a fait se croiser dans les transports en commun. « Elle m'a traité de handicapé et d'illettré », insistait Joseph à l'audience. Le prévenu marche difficilement, avec des béquilles, est diabétique et à moitié sourd. « Je lui ai dit d'arrêter, sinon je lui donnais une gifle. Elle m'a agressée, et en s'approchant de moi, elle s'est cognée à mes béquilles. »
Une version qui se différencie sensiblement de la première qu'il avait donnée à la police, juste après les faits : « Elle m'a agressé, je l'ai giflée. Pas pour lui faire mal, mais pour qu'elle arrête de m'agresser . »
Seulement un témoin confirme la déclaration de Mireille : des coups ont bien été donnés. « Elle lui a seulement dit de laisser son fils tranquille, assure l'avocate de la victime. Et lui, il a explosé, répondant par deux coups de poing. » Elle demande 137 € de frais médicaux, 1000€ de préjudice moral et 400€ d'indemnités de procédure.
Vu les antécédents et l'état de santé, le substitut du procureur du Roi, Brigitte Leroy, n'a pas eu d'autre choix que de requérir trois mois de prison.
Mais l'avocat du prévenu, lui, plaide l'acquittement. « La version de mon client semble farfelue, mais il y a matière à douter. Le fils de la victime et un de ses amis étaient dans le bus, tous deux déclarent que c'est un coup monté. La victime veut faire du tort à mon client . » Il a déposé les déclarations écrites au dossier.A-C.D.
Jugement le 21 avril.