Jean-Luc Fonck, vous vous produisez à Marche ce samedi dans le cadre de la Ville des mots...Effectivement, tu peux me tutoyer, tu sais ! (rires) Pour toi, les mots, c'est important ?Avec Sttellla, tout part de là. Ce qui est génial avec les mots, c'est que tout le monde en dispose. Pour moi, c'est une espèce de jeu permanent. Beaucoup de gens s'amusent avec les mots et ceux qui ne le font pas ont bien tort.

Le « one-man-Chose », c'est quoi ?Pour les 35 ans de Sttellla, on a voulu faire une tournée rétrospective. Et on a trouvé un concept assez original. L'ordre des chansons est tiré au sort. On mélange les morceaux dans une caisse au début et puis on les joue au fur et à mesure du tirage. La sonnerie d'un réveil vient mettre fin au set. On en est au 33e épisode de cette série pour le moins déjantée.

Peut-on espérer te voir déguisé en majorette comme dans le spot de la semaine de la langue française ?Terrible, hein ce costume ! Mais non, je ne l'ai enfilé que pour le spot.

Pourquoi cette passion pour les robes affriolantes, les tutus roses ?Sur scène, c'est toujours l'occasion d'enfiler des costumes qu'on ne mettrait pas dans la vie de tous les jours. Ce n'est pas par provocation, mais juste pour rire. Ça m'a toujours fait marrer de voir des bonshommes de 100 kg dans des vêtements trop courts. J'ai toujours voulu amuser la galerie.

Sttellla, c'est déjà 35 ans de carrière, que retenez-vous en jetant un regard dans le rétroviseur ?Je ne me doutais jamais, à 18 ans, quand j'ai créé le groupe qu'on vivrait tout ça. C'est une chance incroyable que de pouvoir amuser les gens. Et puis, c'est aussi des rencontres en radio, en télé. Que de bons souvenirs. « Non, je ne regrette rien », comme dirait Édith.

Sttellla est-elle toujours une marque porteuse ?J'attends toujours le moment où ils écriront le nom correctement sur les cannettes de bière. Sttellla, c'est avec deux t et trois lll.

C'est la bonne orthographe.

Comment compose-t-on un tube ? En mangeant ses tartines ou en partant en vacances à Torremolinos ?(rires). Pas du tout ! À la maison, j'ai aménagé un laboratoire à conneries à l'étage. Je m'y isole pour composer toujours dans le même sens de la table. Et puis, ensuite, j'empile les mots comme des briques de Lego. Et ça fait des petites maisons de toutes les couleurs, des chansons. Le tube, après, ça dépend de beaucoup de choses.

Quelle chanson française aurais-tu aimé écrire ?Sans hésitation, « C'est la ouate » de Caroline Loeb. J'ai toujours adoré cette chanson, à la fois simple et décalée.

Vous êtes originaire d'Arlon, quel souvenir vous évoque la province ?J'ai la chance d'avoir beaucoup bourlingué. Mais dès que je rentre en province ou à Arlon, je ressens un côté rassurant. Arlon, j'y ai des tonnes de souvenirs. Quand j'étais « ket », j'allais jouer dans les bois près de la ville.

Et Marche ?Pour moi, Marche, c'est là où on passe sous les ponts sur la Nationale 4. J'ai des repères comme ça. Comme pour moi, Bastogne, c'est la place avec le char, et Martelange, la rue avec les stations service.

Que peut-on te souhaiter pour la suite ?Que ça continue comme ça jusqu'à la fin. J'aimerais mourir en faisant l'andouille. Quelle belle épitaphe d'ailleurs : « Il est mort en faisant l'andouille » !