Vous avez suivi une formation particulière dans l'art de la prise de parole, durant vos études de droit ?En droit, on n'apprend rien de tout cela. En revanche, en humanités anciennes, comme on disait à mon époque, on était formé à la rhétorique (c'est-à-dire « l'art de parler ») et il y avait d'ailleurs un tournoi d'éloquence à Saint-François-Xavier.

Vous l'avez remporté ?Non, j'ai fini 2e, derrière un futur confrère, José Marcotte.

Quels conseils donner aux jeunes, des choses à faire et à ne pas faire ?J'insisterais sur deux choses : 1. avoir un contenu dense ; 2. le travailler. Je leur dirais aussi de ne pas croire trop vite que c'est bien. Il faut au contraire être exigeant avec soi-même. Bossuet disait que le génie, c'est 5 % d'inspiration et 95 % de transpiration. Je plaiderais donc pour l'approfondissement et pour éviter le superficiel.

Vous souvenez-vous d'un lapsus ?Non, pas vraiment, même si je dois bien en avoir commis.

Une anecdote ?Je me souviens d'avoir assisté à une plaidoirie d'un avocat spadois très brillant, aujourd'hui décédé, qui, dans une des nombreuses affaires de roulage à traiter durant la même audience, s'est trompé et a défendu exactement la thèse de la partie adverse. Quand le juge David le lui a fait remarquer, il s'en est sorti, brillamment à nouveau, en affirmant : « C'était exactement ce que je dirais si j'étais la partie adverse. Mais moi, je dirai ceci... » . Et il a alors plaidé l'inverse.

Quelles sont les trois personnes qui, selon vous, ont le plus d'éloquence dans la région verviétoise ?Un des hommes les plus éloquents que j'ai connus était incontestablement l'ancien bâtonnier René Wankenne, quelqu'un de très cultivé et avec, en plus, une voix très agréable. Je citerai aussi, évidemment, Melchior Wathelet père. Et, dans son style, Claude Desama est aussi très éloquent.