Myriam Hisette, vous êtes présidente de l'association des parents de l'institut Saint-Jean-Baptiste (section secondaire) à Wavre. Ressentez-vous ce malaise de l'école ?Non, pas véritablement. Mais je ressens les limites du système scolaire. Quand les élèves n'ont pas de problème, ça va. Mais le système scolaire a du mal à prendre en charge les élèves qui ont des difficultés.

Le système est-il inégalitaire ?On a parfois l'impression que dès le départ, tout est joué. Dans l'ensemble, on remarque en effet que ce sont les élèves les moins favorisés qui ne suivent pas. Sur les six années de secondaire, on a une pyramide. On « évacue » au fur et à mesure des années les élèves qui ont des difficultés. Et d'un point de vue socio-économique, les élèves de 5e et rhétos sont plus homogènes. Cela montre l'échec du système. Mais tout n'est pas de la faute de l'école. Le système est inégalitaire car nous vivons dans une société qui l'est.

L'école doit-elle jouer le rôle d'ascenseur social ?Elle doit essayer, du moins. L'école devrait gommer les différences socio-économiques entre les élèves. C'est utopique, bien sûr, mais le système doit au moins gommer une partie des inégalités. L'école doit permettre à tous les élèves d'acquérir de bonnes bases. Elle doit aussi inculquer une envie d'apprendre.

Quelles solutions sont envisageables... Il faut revoir le système dans son entièreté. Et ne plus faire des réformes par ci par là. On doit réfléchir globalement à la question pour voir ce qui va et ce qui ne va pas.

La campagne « L'école en questions » va donner la parole aux citoyens. Les parents, parmi les premiers concernés, s'investissent-ils dans l'association des parents ?Pas assez. Mais c'est un peu partout pareil. Et c'est un regret pour moi. Beaucoup rouspètent, critiquent, mais ne font rien pour trouver une solution. C'est ce qui m'a amené à intégrer l'association des parents. Où l'on ne se sent pas toujours soutenu non plus.

Quelles sont les principales critiques qui sont dites ?Le coût des études. Soit disant elles sont gratuites, mais il y a les livres, les voyages... L'absentéisme des profs est aussi pointé. Que ce soit pour cause de maladie, de formation, d'encadrement d'un voyage scolaire... C'est un réel problème, surtout quand des cours principaux tombent à l'eau. On presse aussi les élèves pour voir tout le programme. Et au final, c'est toujours l'élève qui est perdant.Q. C.