Ancien membre du groupe de rap liégeois Starflam, le belgo congolais Baloji a publié en 2008 son premier album solo, Hotel Impala. Un disque récompensé par deux octaves de la musique (meilleur album et meilleur artiste). Il y a un an, Baloji a une autre idée : « En entendant le groupe Soulwax qui joue sur scène ses propres titres remixés, j’ai eu envie de faire quelque chose comme ça. Je voulais faire un prolongement d’Hotel Impala ».

Problème : personne ne veut de son projet, même pas sa maison de disques EMI. Mais Baloji, lui y croit. « Je me suis battu pour qu’il existe. Parce que je voulais que ça soit gratuit.» Il t r o u v e alors un deal avec le magazine Le Vif L’Express qui sortait il y a quelques semaines l’album Kinshasa Succursale gratuitement avec un numéro spécial du magazine consacré au 50e anniversaire de l’indépendance du Congo.

«Au Congo, les maisons de disque ça n’existe pas. Alors les artistes sont obligés de trouver des financements privés : une entreprise de télécoms, une brasserie… Et pour les artistes engagés, c’est encore plus difficile. Je ne peux pas me comparer à eux, mais les artistes avec lesquels j’ai travaillé là-bas se sont reconnus dans le projet. »

Cinq nouveaux titres

Baloji est donc parti à Kinshasa avec une toute petite équipe belge. «On a rencontré beaucoup de gens là-bas. L’échange a été super. Je voulais juste réarranger quelques chansons et ça a donné bien plus que ça. On est rentrés avec cinq nouveaux morceaux. Je suis content d’y être arrivé. Ça a marché parce que les musiciens ont été généreux. » Il a collaboré avec des artistes différents sur chaque chanson et notamment sur le très psychédélique Karibu Ya Bintou, avec le groupe Konono n°1, véritables stars au Congo, ils ont déjà travaillé avec Björk. Le résultat est plus que convaincant. Un mélange de rap, de funk, avec des instruments traditionnels… Un mélange inédit, original et parfaitement réussi.

Un chant en français, en swahili et en d’autres langues « pour symboliser l’unité du pays », précise Baloji. Comme dans sa reprise de Indépendance Cha Cha, un titre chanté à l’époque par le Grand Kallé, et que Baloji a réactualisé, 50 ans plus tard pour parler de l’unité du pays et de l’espoir de changement.

> «Kinshasa Succursale », EMI. En concert le 19 mars à la Caserne Fonck à Liège, le 1er avril à la Ferme du Biéreau à Louvain la Neuve, le 17 mai aux Nuits Botanique à Bruxelles et le 21 juillet aux Francofolies de Spa.