En octobre dernier, après une série d'épreuves, un jury d'experts indépendants avait choisi le successeur de Franz Badard, Marcel Lambert, 57 ans, directeur de l'Institut scientifique de service public de la Région wallonne, qui exerçait ses fonctions à Colfontaine.
En deuxième position se situait Olivier Bouchat, 36 ans, chef de Cabinet de l'Échevin de l'Écologie. Tout semblait ficelé, jusqu'à l'ultime entretien du lauréat avec Gérard Monseux, le président de l'ICDI. Là, de manière surprenante, il a indiqué, dit-on, qu'il ignorait les conditions financières de son engagement.
Une fois informé, il a fait savoir qu'elles ne lui convenaient pas, vu sa rémunération à la Région et les avantages qui y étaient attachés. Il était cependant prêt à « négocier », ce à quoi s'est refusé Gérard Monseux : les conditions étaient strictes, il n'était pas question d'y déroger, quoi qu'ait maintenu l'intéressé.
Le comité de gestion en a été averti et a rejeté cette demande de renégociation. Le Conseil d'administration (par 17 voix pour, deux contre et une abstention) a alors désigné Olivier Bouchat pour occuper la fonction de directeur général. À ceci près que l'ICDI a oublié d'avertir officiellement Marcel Lambert de son éviction, ce qui peut paraître au moins cavalier.
Et d'aucuns (du côté du cdH qui a trois administrateurs) ont vu dans la désignation d'Olivier Bouchat une manoeuvre orchestrée entre PS et MR. Un courrier interne a été expédié en ce sens, aux membres du cdH de l'arrondissement de Charleroi. Le message en a agité d'autres, à commencer par le candidat évincé, qui aura estimé cette motivation politique suffisante pour introduire un recours la semaine dernière devant le Conseil d'État.
Le premier résultat risque d'être une agitation nouvelle dans une institution en voie de redressement.P.Mk.