Une dizaine de militants a investi un immeuble de logements inoccupé de la Carolo à Charleroi-Nord. Ils l'ont squatté pour y passer la nuit : « Une façon de donner de la visibilité à notre action pour le droit au logement pour tous », dit Benoît Hossay de Solidarités Nouvelles.
Une caravane constituée par des Français, des Belges, et que doivent rejoindre des amis portugais, allemands, espagnols est en route vers Bruxelles pour y rencontrer des représentants du parlement européen, demain mercredi. Elle fait étape à Charleroi et y dénonce la crise du logement. « On se trouve ici confrontés aux mêmes situations qu'à Lille ou en région parisienne, dénonce Daniel. Le bâtiment qui a été squatté présente une structure saine mais a été déclaré insalubre. Il est donc rendu indisponible pour le marché locatif. Et inaccessible à des familles qui en ont grand besoin alors qu'il pourrait être remis en état rapidement et à très peu de frais. C'est ce scandale que nous dénonçons ! » En Wallonie, plus de 35 000 familles sont en demande. On construit à peine 1500 logements par an et un programme de vente est en place. Circonstance aggravante : les biens mis à disposition ne sont pas adaptés aux familles nombreuses.
Interpeller les autoritésSébastien en témoigne : expulsé avec sa compagne et leurs quatre enfants, il est hébergé depuis des mois dans un centre de transit à Mont-sur-Marchienne. « Dans le logement social, il y a très peu de logements qui répondent aux besoins d'une grande famille comme la nôtre. Sans emploi, nous n'avons pas les moyens de trouver quelque chose dans le privé » .
Sébastien n'est pas seul à vivre cette situation pénible. Expulsés par leur propriétaire, Pascal et Muriel attendent depuis 9 mois au centre d'hébergement le Triangle qu'un appartement se libère. Quant à Patrice, il totalise 14 mois de présence. Soit un délai dépassant les conditions maximales de la durée de séjour.
L'action pour le droit au logement veut une nouvelle fois interpeller les autorités à la fois communales et régionales : « Ça suffit !, lance David Praile coordinateur. Ça suffit de prendre des arrêtés d'inhabitabilité sans solution de relogement pour les personnes précaires. Il y a des solutions comme notamment l'application de la réquisition pour ceux qui n'ont pas de toits. Le pouvoir politique a les moyens de mettre la pression sur les propriétaires tant privés que publics. Mais il doit s'en donner les moyens. Les locataires peuvent rénover eux-mêmes à peu de frais » . D'autres actions vont suivre, laisse entendre Benoît Hossay. D'autres revendications sont exprimées : la fin des expulsions, le relogement des victimes d'insalubrité, une allocation logement et le contrôle des loyers.