Christophe Winkin a (presque) réussi son entrée en matière comme entraîneur. Gagneur dans l'âme, celui qui dictera jusqu'en fin de saison sa façon de voir les choses à un groupe aubelois en complète perdition aurait forcément voulu signer une victoire de prestige dans ce derby des mal lotis, même si « chez nous, précise-t-il, ce match-là n'a apporté aucune motivation supplémentaire. » Il n'y avait pourtant aucune obligation de résultat avouée dans le camp aubelois. Juste un message à faire passer dans tous les esprits. À ce propos, le coach affiche sa satisfaction. Avec ce nouveau revirement à la tête de l'équipe, on s'attendait à ce qu'Aubel ne présente pas un visage moribond. Et de fait, les Aubelois ont fait montre d'une évidente volonté, d'abnégation aussi, malgré tout insuffisantes pour arracher un troisième succès dans ce championnat.

« J'ai voulu mettre chacun dans les meilleures dispositions, explique Christophe Winkin. J'ai trouvé l'équipe solide collectivement. J'ai revu sous un meilleur jour des gars qui manquaient cruellement d'envie il y a peu. Il y avait de la détermination dans notre jeu, même si la qualité n'était pas toujours présente. » Pierre Pesser, malheureux sur le but hervien, appuie le constat de son coach. « Je n'ai pas à parler du changement d'entraîneur, dit-il, mais je reconnais que notre moral est meilleur. L'équipe n'avait plus envie d'être sur le terrain ! Nos dix derniers matches, nous les aurions joué avec des pieds de plomb ! Nous sommes les premiers fautifs. » L'aspect mathématique mis de côté, le message est clair. « Les dirigeants m'ont demandé de reconstruire un esprit de groupe, concède un Christophe Winkin que l'on sent complètement investi dans sa mission. Ce que j'ai vu contre Herve, je veux aussi le voir dans la durée. Il est important que personne ne se démotive. Nous devons nous employer à finir le championnat sur une note positive pour repartir du bon pied la saison prochaine. Nous sommes tous sur le même bateau, ceux qui restent comme ceux qui s'en vont. » Dont le coach lui-même. « Reconstruire » - pour laisser, paraît-il, un « héritage » plus favorable au futur entraîneur, déjà désigné - puis s'en aller. Un choix comme un autre. The right man at the right place ?