«Je suis venu à la clinique car un ami m'a averti qu'on pouvait dépister gratuitement le diabète. J'ai subi un pontage, et on m'a contrôlé à ce moment-là. Mais on se tracasse toujours pour sa santé... » Ce sexagénaire de Châtelet, venu expressément à Gilly avec son épouse, est l'un des nombreux participants à l'action menée hier par l'hôpital Saint-Joseph, dans le cadre de la Journée mondiale du rein. Au programme, contrôle du taux de glycémie et de la tension artérielle. C'est que le diabète et l'hypertension sont les principales causes de maladie rénale...
Cette maladie concerne entre 250 000 et 500 000 personnes en Belgique. L'écart trahit la proportion d'insuffisants rénaux chroniques qui s'ignorent car les symptômes sont pratiquement inexistants pendant longtemps. C'est dire l'importance du dépistage. Une fois de plus, le Hainaut se démarque tristement : « La fréquence du diabète, des maladies cardiovasculaires et rénales y est supérieure à la moyenne nationale, indique le Dr Jean-Philippe Lengelé, néphrologue. Les perspectives ne sont guère réjouissantes, en particulier avec l'obésité et la sédentarité : on s'attend, globalement, au doublement du diabète, et donc du risque de maladie rénale, dans les vingt prochaines années. Au point qu'on emploie de plus en plus souvent le mot épidémie. » L'hôpital Saint-Joseph se devait de participer activement à cette journée mondiale du rein. « Depuis 30 ans, notre centre de néphrologie a développé une expertise en matière de maladie rénale et d'hypertension artérielle », poursuit le médecin. Qui observe une hausse pratiquement constante de cas chroniques dans sa pratique quotidienne. « Il est vrai qu'on observe à présent d'obésité en pédiatrie et de diabète chez les jeunes adultes, ce qui n'était pas le cas il y a vingt ans. » Pendant toute la journée, les visiteurs de l'hôpital ont donc été invités à se soumettre aux deux tests organisés dans le hall d'accueil. Peu avant 14 h, ils étaient déjà plus de 250 à avoir accepté. « L'avantage, c'est que le côté informel de l'action permet de faire le pas plus facilement que si l'on doit se rendre expressément chez son médecin, commente de Dr Lengelé. On trouve trois catégories de volontaires : ceux qui savent qu'ils sont diabétiques ou hypertendus et qui viennent pour des conseils ; ceux qui se disent en bonne santé et qui le sont ; et enfin ceux qui pensent être en bonne santé et qui ont un problème. Ces derniers représentent 10 à 15 % de ceux qui ont passé les tests. Cela a permis de tirer la sonnette d'alarme. On les invite alors à prendre contact avec leur médecin traitant. » Pour le couple châtelettain, l'expérience aura été riche d'enseignements. Si Monsieur est rassuré, Madame a constaté une nette hypertension qu'elle entend bien prendre à bras-le-corps.