Le délégué syndical de la CSC Jean-Pierre Pans est outré. « Outré par ce type de manigance dans le dos. Il se passe dans cette institution des choses bizarres qui ne devraient pas se produire. Ces gens manigancent dans le dos du personnel soignant, médical, administratif... » L'homme est connu pour ne pas mâcher ses mots. Ce qui le met en colère, c'est la façon dont se déroule, depuis plusieurs semaines, la procédure de recrutement d'une secrétaire à mi-temps appelée à oeuvrer dans le comité de gestion des maisons de repos de l'Association intercommunale de Santé de la Basse-Sambre (AISBS). On le sait, l'incontournable Joseph Daussogne pilotera ce comité extra-hospitalier pour lequel il a besoin d'une secrétaire. Normal.
Mais les syndicats suspectent que ce poste soit créé pour recaser l'ex-échevine jemeppoise Nathalie Marichal (PS), qui a dû abandonner son écharpe scabinale à mi-mandat, en décembre dernier, et qui se trouve donc en disponibilité.
Il y a des signes qui ne trompent pas. D'abord, l'appel à candidatures, il a été lancé en interne et en externe alors que d'habitude, l'appel interne est prioritairement privilégié.
Conséquence : la direction du personnel de l'hôpital a reçu en quelques semaines 271 lettres de candidatures. Les postulants doivent au minimum être détenteurs d'un certificat d'étude secondaire supérieur (le classique diplôme d'humanité), avoir une connaissance du secteur public et quelques affinités avec le secteur des personnes âgées. Deux critères légers et à large interprétation.
Première surprise syndicale : seules 9 personnes ont été repêchées dans la masse des lettres dont, comme par hasard, l'ex-échevine et l'ex-secrétaire du bourgmestre Daussogne.
L'examen se déroulera ce lundi 15 mars et là, seconde surprise syndicale, il s'agira juste d'un entretien oral devant un jury - (le directeur général, le directeur du personnel et un représentant extérieur du comité de gestion en la personne de Benoît Spineux, bourgmestre de Fosses) - . Pas d'épreuve écrite au programme ? Jean-Pierre Pans tique : « Étonnant qu'on ne lui fait pas passer une dictée quand même. Ce qui prouve que cet examen est juste téléguidé et destiné à cette élue de Jemeppe ». Troisième courroux syndical, qui le rend très suspicieux : parmi les 9 personnes retenues, il n'y aurait plus aucun candidat interne. Or, il y en avait. Pour toutes ces surprises, la CSC a déposé un point à l'ordre du jour du Comité de concertation et de négociation (CNN) de ce mardi 16 juin. Motif : non-respect des conventions internes.
Ce n'est pas tant les compétences de Nathalie Marichal qui sont ici remises en cause. Ce qui fâche c'est une certaine conception dépassée de la politique, selon laquelle, « parce que je suis élu, et à valeur égale, j'ai le droit de passer avant les autres. » Cela s'appelle un passe-droit et ce n'est plus tolérable.P.W.