« C'é
tait involontaire. J'y pense chaque jour. Ma punition, ce n'est pas la prison, c'est de savoir que j'ai causé le décès d'un homme. » Voilà le discours tenu il y a deux semaines par Yann B., le compagnon de l'exploitante du Levinstone, un café de la rue Auguste Levêque à Nivelles.
Le 11 octobre dernier, l'homme avait asséné un violent coup-de-poing à un client, mettant ce dernier complètement KO. Le problème, c'est que la victime est alors tombée en arrière, et sa tête a violemment heurté un muret.
Roger, un quinquagénaire, était inconscient lorsque les secours sont arrivés sur place. Transporté dans un état critique à l'hôpital, il est décédé quelques jours plus tard.
Dans un premier temps, Yann B. avait expliqué aux policiers qui étaient intervenus à deux reprises sur place la nuit du drame qu'il s'agissait d'une chute malencontreuse.
Au fil des auditions, il a reconnu qu'il avait porté le coup, parce qu'il était énervé contre la victime qui l'avait insulté. À l'audience, il parlait d'ailleurs d'une bagarre entre lui et Roger.
Dans le jugement rendu jeudi matin, le tribunal précise qu'il ne s'agit pas d'une bagarre mais d'une agression unilatérale, et estime que le prévenu continue à minimiser les faits. Il reste cependant très clair qu'en frappant, le Nivellois n'avait pas du tout l'intention de donner la mort à la victime.
Le jugement suit les réquisitions du ministère public : une peine de trente-six mois de prison est infligée, avec un sursis probatoire partiel de cinq ans. Le prévenu devra purger 24 mois d'emprisonnement ferme. Le sursis lui est octroyé pour le solde à condition qu'il s'abstienne de fréquenter les débits de boissons, qu'il cesse de consommer des boissons alcoolisées, et qu'il indemnise les parties civiles.V. F.