Luk Vervaet a travaillé jusqu'à cet été pour l'association Adeppi comme professeur de néerlandais à la prison de Saint-Gilles. L'homme a exprimé à plusieurs reprises des critiques envers la politique pénitentiaire et a entretenu des contacts avec le détenu Nizar Trabelsi, condamné pour terrorisme.

Le directeur général des établissements pénitentiaires, Hans Meurisse, avait annoncé par courrier à Luc Vervaet qu'il ne pouvait plus pénétrer dans les établissements pénitentiaires belges pour des "raisons de sécurité".

La cour d'appel a estimé que M. Meurisse aurait au moins dû d'abord auditionner l'intéressé, avant de ne plus l'autoriser à continuer à exercer son métier. M. Vervaet a alors introduit une nouvelle demande pour entrer dans les prisons mais celle-ci lui a été refusée.

L'auditeur du conseil d'Etat a estimé jeudi après-midi, que les raisons de sécurité évoquées sont totalement insuffisantes pour motiver une telle décision.

"L'auditeur a suivi tous nos arguments et a indiqué que la décision était indigne d'un Etat de droit", a déclaré Me Dounia Dalamat, qui défend l'enseignant. "Il a demandé la suspension de la décision et a regretté qu'il ne pouvait en même temps réclamer l'annulation", a ajouté l'avocat.

Comme il s'agit d'une procédure en extrême urgence, le conseil d'Etat devrait se prononcer vendredi ou lundi.