Jeudi dernier, ce n'était pas une journée comme toutes les autres pour Léon Lamontagne. Au petit matin,, il a pris la route de Paris et de son célèbre salon de l'agriculture.
Pas vraiment une visite touristique pour l'agriculteur de Solières. En tant que jury officiel en Belgique, il a été choisi par le Herd book Blanc Bleu Belge, le guide de la race, pour juger les concours et championnats de France de la race Blanc Bleu de France. « C'est la première fois que je m'expatrie. J'ai déjà été juger partout en Belgique mais ici, c'est une première. » Mais il avait pris soin de s'avancer dans son travail. « J'ai soigné en suffisance mercredi soir. J'ai aussi quelqu'un du service de remplacement qui passera deux heures. Et mon épouse s'occupera de soigner les veaux. »
Devant une tribune bien remplie, Léon Lamontagne a pris le micro pour se présenter. « Je suis éleveur en Blanc Bleu Belge dans le Condroz liégeois. Je suis ici pour soutenir notre race qui est la meilleure au monde. »
Le championnat de France Blanc Bleu est sans comparaison avec les concours qui se déroulent en Belgique. La race est considérée comme une race mineure et, en 55 minutes, les concours étaient adjugés. Moins de tension entre les concurrents et moins de concurrence tout simplement. On ne retrouvait 16 bêtes au concours du Palais des expositions de la Porte de Versailles. Le Herd book français disposant de peu de moyens, il n'a pas la possibilité de louer un grand stand : le nombre de bêtes est donc volontairement limité.
Avec sa cravate représentant le BBB et le petit drapeau belge, c'est aux côtés d'un autre Belge que Léon Lamontagne a jugé les vaches et génisses. Un autre Belge, originaire de Ciney, mais qui est désormais éleveur à Nevers (Nièvre, Bourgogne).
Pas de taureaux au programme des concours. En race pure, les éleveurs français travaillent essentiellement par insémination en collaboration avec quatre centres belges. « Ils ont peut-être des taureaux dans les troupeaux mais ce n'est pas facile de les amener à des concours car c'est une autre préparation. » À Paris, les Blanc Bleu ont impressionné de par leur volume de viande. On sentait autant de l'émerveillement que de l'interrogation dans le regard des visiteurs. Et sur le ring de concours, certaines bêtes passeraient plus inaperçues au sein d'un concours avec des bêtes d'éleveurs belges. La finition, importante dans les semaines précédant le concours, est moins soutenue. Tout cela, Léon Lamontagne ne l'a pas perdu de vue. Et a jugé en fonction. Même s'il n'y avait pas de consignes claires avant les concours. « Par rapport aux autres races françaises, il faut assurer un minimum de gabarit. »