Christiane Vienne a gratifié le public d'un très captivant café-philo dans le cadre de ses conférences PAC. Les échanges, qui ont duré deux heures, ont filé à toute allure ! C'est que le sujet valait le détour, à savoir « L'action politique aujourd'hui » . On y a décrypté l'image des politiques au travers de deux regards opposés : sous l'oeil du politologue qui dissèque faits et geste (Vincent De Coorebyter, directeur général du Centre de Recherche et d'Informations Socio-Politiques) ainsi que sous le regard d'un politicien qui a évoqué son ressenti et ses comportements (Rudy Demotte). Le dénominateur commun ? Les médias qui décident des comportements...
« Le politique doit flatter »« C'est le règne des médias, avec des réactions qui se veulent immédiates à propos de thématiques qui apparaissent et réapparaissent sans cesse, avec une rechute de la vague momentanée ou plus longue. La sécurité, les moeurs et l'argent sont les domaines privilégiés » indique le politologue qui a aussi permis de réfléchir sur la réaction à avoir. La solution poujadiste du « Y'a qu'à » sort parfois mais n'est pas la meilleure des voies ! « Le politique doit flatter, faire chorus avec l'opinion publique. » Rudy Demotte n'a pas joué la langue de bois, ce qui a rendu le débat intéressant au sein de la salle Demeyere.
Ainsi, il a bien fallu avouer que « le temps politique est cadencé par les élections et que tout est jaugé par le débat, les animations. On fixe les éléments par deux mécaniques : l'évaluation constante et des réponses données à des situations particulières » .
« Wilmots se faisait ch... »La « pipolisation » de nos représentants fut aussi un joli morceau. Si elle est cultivée en France et aux États-Unis, on en n'a pas besoin en Belgique. Bien sûr, on a tous le nom d'un énergumène liégeois qui fait parler souvent de lui. Mais pour le politologue, cela reste un cas à part. La meilleure preuve ? « Herman Van Rompuy était rare dans les médias. Il est pourtant devenu célèbre à force de ne pas vouloir l'être ! continue M. De Coorebyter qui estime qu'il est question d'identification au peuple... Vais-je voter pour quelqu'un qui me ressemble ou pour quelqu'un qui me dépasse par ce qu'il incarne ? » Et le Ministre-président de la Région wallonne de donner un exemple : « On fait parfois appel à des personnalités de la société civile. Je pense à Marc Wilmots qui faisait peine à voir. Mais qu'est-ce qu'il se faisait ch... au Sénat ! Ce n'est pas un secret, il l'a dit lui-même... » Tout est aussi question de comportement selon M. Demotte : « Reconnaître ses faiblesses est inacceptable, c'est une perte de légitimité. On l'a vu avec Jospin qui n'est pas passé au deuxième tour des élections. Le message attendu est du volontarisme... »