Les sceptiques vous diront qu'il ne s'agit que d'un brouhaha, un concentré de sons, sans relation entre eux, issus de l'imaginaire d'un chef d'orchestre allumé qui donne ses instructions à des « bruiteurs ». Les admirateurs parleront plutôt de concept novateur, intéressant et surprenant, « fruit d'une communion entre les artistes ». Une chose est en tout cas certaine : le Soundpainting ne laisse pas indifférent.

Développé dans les années septante par le saxophoniste et compositeur new-yorkais Walter Thompson, le Soundpainting se définit officiellement comme « le langage de composition instantanée multidisciplinaire permettant à un compositeur live (NDLR : appelé soundpainter) de communiquer précisément et instantanément avec un ensemble de performeurs, à travers l'improvisation dirigée ». Vous n'avez rien compris ? Reprenons.

Le Soundpainting est donc un langage, composé de 750 à 800 signes. Les instructions sont données par un soundpainter (sorte de chef d'orchestre) aux musiciens, sans préférence quant à leur nombre ou au type d'instrument utilisé. On peut d'ailleurs aussi intégrer dans le spectacle des danseurs, des vidéastes, des plasticiens, etc. Raison pour laquelle on parle de multidisciplinarité.

La plus grande particularité du Soundpainting est qu'il s'agit d'improvisation. Rien n'est écrit à l'avance, si ce n'est le langage. Pour le reste, la composition est instantanée. Vous n'entendrez jamais deux fois la même chose. D'autant plus que le Soundpainter invite parfois le musicien lui-même à improviser.

Si dans un premier temps, le résultat peut surprendre, au fil des réajustements du chef, la composition s'affine et devient plus harmonieuse. Pour, au final, séduire le spectateur. « Le concept est vraiment intéressant car différent des autres musiques », explique Mickaël, la quarantaine, amateur de jazz et qui découvre le concept un peu par hasard. « Chouette », « poilant », « sympa » : les qualificatifs se suivent et se ressemblent.

Certains discours se veulent pourtant plus nuancés, comme celui de Thibaud, 29 ans, qui juge le résultat « très inégal ». « J'ai l'impression qu'il (le Soundpainter) privilégie le côté technique aux dépens de l'harmonie générale. Même si parfois la sauce prend. Et que ce sont clairement d'excellents musiciens . » Stéphane, 29 ans, se dit, pour sa part, « surpris en bien ». Mais il ne conseillera pas à tout le monde un concert de Soundpainting. « Certains ne comprendraient pas le concept. Il faut avoir une certaine oreille pour écouter ce type de musique. » Et de regretter que le maître d'orchestre ne laisse pas plus improviser ses partenaires. « Il a 18 musiciens en face de lui, pourquoi il ne fait pas tout péter ? Il recherche peut-être trop la finesse. Il devrait leur donner plus de liberté. »

Un avis que ne partagent pas les principaux intéressés. « Il écoute son équipe et puis compose avec elle », insiste une des musiciennes. Une interaction entre le chef et « ses hommes » qui se ressent de l'extérieur. Il suffit, pour s'en rendre compte, d'observer le visage des différents protagonistes. Une réelle complicité transpire du groupe. Avant de se propager jusqu'au sein du public qui, vendredi dernier, à la Jazz Station à Bruxelles, a tellement apprécié qu'il en a redemandé.

Démonstrations en vidéo:

Plusieurs concerts, stages et formations

En Belgique, Augustin de Bellefroid est le seul à être reconnu Formateur Soundpainting certifiépar Walter Thompson, le maître en personne. Diplômé en géographie mais enseignant de profession, il dispense des formations, stages ou ateliers à destination des personnes qui souhaitent en apprendre davantage sur le Soundpainting. Il propose aussi des concerts pédagogiques dans les écoles intéressées. Une manière de familiariser les enfants avec la musique. ¦
> GSM : 0497 57 11 07. E-mail : soundpainting@scenarts.be.
Site belge: www.spscenarts.wordpress.com. Site officiel: www.soundpainting.com.