GED
(Cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Se chauffer et se nourrir coûte de plus en plus cher. Toute ménagère qui tient les cordons de la bourse familiale vous dira qu'il n'y a pas besoin d'être économiste pour conclure ça. Prendre un caddie et pousser la porte d'une grande surface est suffisant pour s'en rendre compte.

Reste que pour maîtriser le mécanisme de l'inflation des prix, il faut en connaître tous les rouages. C'est pour cela qu'il y a tout juste un an le ministère de l'Économie a mis en place l'Observatoire des prix. Un organisme qui scanne en permanence le panier de la ménagère et qui vient de présenter son premier rapport annuel.

Constat général, donc : les prix augmentent. Et, globalement, cette hausse est même plus importante que dans les pays voisins. Autre constat qui a de quoi faire faire la grimace au portefeuille : les hausses des prix des matières premières internationales sont plus rapidement répercutées dans les prix à la consommation que les diminutions, note l'observatoire.

Ainsi, entre avril 2007 et juin 2008, les cotations des matières premières alimentaires ont augmenté en moyenne de plus de 50 % et cela s'est répercuté cash dans les rayons des magasins. Par contre, alors que les prix des matières premières ont repiqué du nez pour revenir, fin 2009, en dessous du niveau de début 2007, le ticket tendu par la caissière ne s'est pas allégé... Exemple concret (parmi d'autres) : le pain. Entre début 2007 et début 2008, le prix du froment panifiable a augmenté de plus de 75 %. « Ce qui pouvait être une explication acceptable aux augmentations de prix principalement observées début 2008 par le consommateur », note l'observatoire. Mais alors que les prix du froment panifiable sont redescendus fin 2008 en dessous du niveau de début 2007, le consommateur paie encore davantage qu'en 2007...

Et après ? On constate, on râle et on débourse quand même? « L'objectif d'un tel rapport est de donner une analyse la plus fine possible sur les prix, dit-on au cabinet du ministre de l'Entreprise, Vincent Van Quickenborne.

Maintenant, ces chiffres sont disponibles pour que les instances de la concurrence puissent vérifier s'il n'y a pas d'entente sur les prix ou d'abus de position dominante par exemple. » En ce qui concerne le secteur de l'énergie, les déclarations du directeur des prix de la CREG (commission de régulation de l'électricité et du gaz), mardi en commission de la Chambre, laisse d'ailleurs peu de place au doute à ce sujet. « Je ne peux pas le prouver mais il y a une forte présomption, déclarait Guido Camps. L'évolution des prix entre Nuon, Luminus, Electrabel sont identiques depuis le changement de méthodologie. Et le constat est qu'il est difficile pour un nouvel entrant de se faire une place sur le marché belge. »

À l'aune des chiffres de l'Observatoire des prix et de ces déclarations, la question mériterait peut-être aussi d'être posée pour le pain, le sucre ou le saucisson...