À Arlon , la directrice de l'école du Centre, Chantal Collin, a été catégorique : les Gogo's sont interdits de cour de récréation. « Petits, colorés, adorables. En tous les cas, les Gogo's en ont tout l'air. Mais en fait ce sont de vrais petits diables. Les Gogo's, créent la pagaille avec leurs jeux complètement fous. » Ce n'est pas nous qui l'inventons, mais la pub sur un site de Carrefour qui l'affirme en invitant les jeunes à collectionner les figurines. Il en existe 200. Objectif : envahir les cours de récré et que les parents fassent leurs courses chez Carrefour plutôt qu'ailleurs pour doper la collection de leurs enfants. Sur internet, le club compte déjà 60 399 membres hier matin. 61 370, hier en milieu d'après-midi.

Certains se les volent

Le constat de Chantal Collin : « Les gamins entre eux voient les Gogo's des autres, cela crée une émulation et de l'envie aussi parfois.

Il arrive que des enfants en volent, se volent l'un l'autre, chapardent dans les poches dans les manteaux qui sont dans les couloirs, mais aussi dans les tiroirs de l'institutrice. Un élève pose sa boîte de Gogo's sur un mur pour aller aux toilettes, il revient, et la boîte disparaît. »

Entre les enfants plus grands, ça va. « C'est plutôt avec les plus petits que ça pose problème. Ils ne savent pas gérer, et quand ils jouent contre les grands, ils perdent. Et nous, on doit faire l'arbitre. » Non seulement, il y a les vols et les conflits à gérer, mais aussi la réaction de parents qui interviennent pour leurs gamins qui ont perdu des Gogo's dans des jeux ou qui se sont fait avoir par leurs aînés.

Les mois derniers, des enfants collectionnaient des images de catch. « Il s'agissait d'images payantes, relève la directrice de l'école du Centre. Dans la cour, il y en avait qui se prenaient pour des catcheurs. Il y en a même un qui a voulu jouer au catch avec la vitre. »

La directrice a là aussi décidé d'interdire ces images dans la cour de récréation. D'autres séries comme Pixar (Delhaize) n'ont posé aucun problème dans son école.

La réaction des parents suite à cette interdiction de Gogo's ? « Nous avons eu beaucoup de retours très positifs. » La directrice regrette que certaines séries développent une compétition excessive entre les enfants.

« Quand il n'y a plus moyen de recadrer les enfants, et que les adultes s'en mêlent, surtout dans une implantation scolaire où il y a 320 enfants, il faut prendre des mesures. » Et comme après chaque interdiction, les écoliers vont revenir avec leur traditionnel sac de billes. « Avec les billes, il n'y a jamais de problèmes. »

Et si on apprenait aux enfants à jouer ensemble?

« Il faut que les enfants comprennent que je n'interdis pas les Gogo's pour les punir mais pour les protéger. Et éviter des disputes plus violentes comme celles que l'on a connues il y a deux ans pour une autre série. » Dommage pour les gamins qui prenaient un plaisir sain à jouer avec ces drôles de bonshommes.

Une balle de basket, une corde à sauter, des jeux sportifs avec quelques instits motivés peuvent suffire à vite retransformer la cour de récréation en une aire de jeux. Parfois le plaisir dans une cour tient en peu de choses. À chacun, enfant, enseignant et direction à y mettre du sien.

+ Plus d'infos dans L'Avenir du Luxembourg de ce jeudi 11 mars