La sortie médiatique de De Decker n'est pas du goût de De Vos. (Montage Reporters/Belga)
Cinq jours après le car-jacking mortel dans sa commune, Armand De Decker (MR) s'alarme dans La Libre Belgique de la montée de la violence à Bruxelles et demande la création de centres pour jeunes avec encadrement militaire.
Le bourgmestre d'Uccle et président du Sénat explique notamment que, dans sa zone de police, "95% des jeunes que nous arrêtons (...) sont libérés dans la journée". Et d'insister sur la nécessité de créer 100 places supplémentaires dans les Institutions publiques de Protection de la Jeunesse (IPPJ), mais aussi de se poser la question: "Avons-nous réussi l'intégration des jeunes d'origine étrangère?". Pour De Decker, la réponse est non.
"Faire sentir que la justice est là"
Pour faire face à cette délinquance des jeunes, le sénateur MR remet sur la table l'idée de créer des "centres d'éducation renforcés avec encadrement militaire". Selon De Decker, la prison n'améliore pas les gens: "Il faut un centre de resocialisation avec un cadre autoritaire où les jeunes sentent que la justice est là et qu'on ne rigole plus."
Le bourgmestre d'Uccle estime que les jeunes délinquants de 20 ou 24 ans doivent être "rattrapés". "Cela ne va pas se faire en prison ni dans une IPPJ, où on part voir des matches de football, le week-end..."
Cette proposition n'est pas nouvelle. Elle s'était vue opposer une fin de non-recevoir il y a trois ans. Mais pour De Decker, le contexte a entre-temps changé.
De Vos: "Ils sont avant tout précarisés"
Ce n'est pas vraiment l'avis du délégué général aux droits de l'enfant en Communauté française, Bernard De Vos. Ce dernier a réagi à Matin Première en qualifiant d'inopportune cette sortie médiatique. "Bruxelles n'est pas en état de guerre", a-t-il dit.
Selon le délégué aux droits de l'enfant, le rôle de l'armée n'est pas d'éduquer les jeunes. "Chacun son métier", a souligné Bernard De Vos qui regrette la prise de position sécuritaire de De Decker. "Les jeunes délinquants n'ont pas exclusivement besoin de force et d'autorité, ils sont avant tout précarisés", a-t-il dit, estimant qu'il fallait agir en matière d'éducation, de logement et d'emploi.
Avec Belga