No us faisions état, la semaine dernière, de rumeurs de liquidation de l'entreprise Samera de Tamines, après que celle-ci ait perdu un second très gros client. Une perte fatale pour cette entreprise de travail adapté.

Hier après-midi, le député wallon MR Gilles Mouyard a questionné la ministre de tutelle, la namuroise Éliane Tillieux, quant à ces rumeurs de liquidation.

Depuis plusieurs années, a rappelé Gilles Mouyard, cet atelier tournait avec quelques gros clients dont Hartmann et Beldico pour le paramédical et la Région wallonne pour l'imprimerie, notamment pour la fourniture d'enveloppes.

Or, Hartmann à décidé de mettre un terme à sa collaboration avec Samera en 2008, condamnant déjà 30 emplois à l'époque.

Depuis lors, Beldico, l'autre gros client en paramédical et la Région wallonne, ont décidé de stopper leur collaboration également.

Selon les informations de Gilles Mouyard, l'entreprise avait consenti de gros investissements pour Beldico notamment. Quant au département imprimerie, il était devenu récemment bénéficiaire.

Le plus grave est la situation des travailleurs qui seront inévitablement licenciés en cas de liquidation, un nouveau coup dur pour la région, qui s'ajoute aux autres.

« Il faut cependant faire l'impossible pour ne pas abandonner les travailleurs de cette entreprise qui ne sont finalement que les victimes d'un management trop rigide et manquant cruellement de créativité commerciale » indique le député.

Selon lui, l'économie sociale à sa place dans l'économie, de véritables succes stories fleurissent en Wallonie mais encore faut-il avoir un véritable pilote à bord, un véritable gestionnaire présent dans l'entreprise, un manager rompu aux techniques du privé dans sa faculté d'adaptation, d'analyse et de créativité commerciale. « Et je pense que cela n'était pas le cas chez Samera » renchérit Gilles Mouyard.

Rupture de production

Dont ses questions à la ministre : Quel est l'état précis de la situation ? Avez-vous eu des contacts avec les gestionnaires de Samera ? De quelle manière allez-vous accompagner les travailleurs dans le cadre de cette probable liquidation ? La ministre PS Éliane Tillieux confirme que ce sera difficile, en se fondant sur un audit de l'AWIPH réalisé, à sa demande, le 10 février dernier. Selon ces auditeurs financiers, le processus de production est en rupture quasi complète. Les travailleurs sont en chômage économique depuis le 1er janvier.

La ministre n'a par contre pas souhaité porter de jugement sur le mode de gestion de cette entreprise de travail adapté, d'abord parce que les ETA sont des structures privées, autonomes dans leurs choix de gestion.

« Le défaut majeur de Samera réside dans sa situation d'extrême dépendance commerciale dans laquelle elle s'est placée » commente la ministre. Mais, à leur décharge poursuit-elle, la recherche de marchés nouveaux n'est pas chose aisée. La crise économique n'a pas arrangé les choses. Les ETA sont la plupart du temps les sous-traitants de gros donneurs d'ordre. »

Pour la ministre, la reconversion s'avère impossible. « En l'absence, à très court terme, de nouveaux marchés providentiels, l'Assemblée générale, convoquée pour le 30 mars, se prononcera sur une mise en liquidation volontaire de l'ASBL Samera » a-t-elle déclaré.P.W.