En 1989, deux personnes de l'entité sambrevilloise posent ce même constat : « Ce n'est pas possible d'être ainsi assistés à vie ». À tout le moins, ce n'est pas digne. Ces « réactionnaires » connaissent la misère, ils dépendent des services sociaux et veulent en sortir.
Jacqueline Rasador et d'autres ont voulu les soutenir dans leurs efforts. Le groupe ATD Quart Monde-Sambreville était né. D'autres personnes se sont jointes au fil du temps à ce groupe de base. L'histoire du combat contre la pauvreté pouvait commencer. 30 ans plus tard, ATD oeuvre toujours contre une pauvreté qui ne recule pas, bien au contraire.
Autour de cette initiative locale, des activités se sont créées ou fédérées. On en dénombre quatre aujourd'hui.
- Un groupe de partage et de réflexion (qui se réunit le soir) et qui jette un regard critique sur la société. « Qui sommes-nous ? Que faisons-nous pour nous en sortir ? Comment mettre en valeur notre dignité ? Avec qui pouvons-nous progresser ? » sont autant de questions posées.
Des « alliés » du mouvement les accompagnent dans leur mise en route et leurs questionnements. D'autres familles ont le souci de leurs enfants, de ce qu'ils deviennent dans leur quartier.
Ensemble ils se sont réunis dans un groupe baptisé « Tapori », qui met l'accent sur l'amitié et le dialogue entre enfants. Depuis plusieurs années déjà, ils inventent mille activités (potager, théâtre, camp d'été...) qui aident à avancer au niveau du « vivre ensemble ».
Par ces activités ludiques, parents et enfants apportent leur part dans la construction du tissu social.
- Autre partenaire : les « Dépanneurs ». des pauvres qui prennent eux-mêmes les pauvres en charge. Leur but est de reconstruire matériellement un lieu de vie. Les « Dépanneurs » ayant eux-mêmes vécu bien des galères, ils en aident d'autres à retrouver un environnement digne : petits travaux, dons de meubles, réflexions...
L'Université populaireS'appuyant sur une réflexion locale, l'université populaire partage et confronte, avec d'autres groupes en Wallonie et à Bruxelles, leurs questions, leurs expériences, leurs savoirs. Objectif ultime : faire entendre sa voix au niveau belge.
Témoignage d'une participante à cette université, qui y a appris à sortir de ses difficultés. « Je fais partie de l'université populaire depuis trois ans. J'expliquais mes problèmes à l'abbé Detienne qui m'a invité à une réunion de cellule dans mon quartier ; bien sûr cela m'était étranger. Par la suite, je suis allé à Bruxelles (à l'Université Populaire francophone) où j'ai écouté et me suis exprimé parmi une centaine d'invités. Le courant passait entre nous. J'ai réalisé que mon cas n'était pas aussi dramatique que cela. J'ai donc poursuivi l'expérience. L'université populaire peut sauver beaucoup de gens dans la détresse : il faut y croire et surtout ne pas baisser les bras. Je reviens de loin ».
Contacts ASBL ATD Quart-monde Wallonie-Bruxelles, 02/647 99 00 www.atd-quartmonde.be Pour Sambreville 071/ 77 66 20 - 0496 /96 19 00 Tapori : www.tapori.org