Les déchets du chicon, une des spécialités belges, sont dorénava nt utilisés pour produire de l'électricité, de la chaleur et de l'engrais de haute qualité. Voilà une solution durable pour la gestion des résidus végétaux. Hier, la première centrale de biométhanisation et de cogénération, fonctionnant au chicon, de GreenWatt, une spin-off de l'UCL, a été inaugurée à Nivelles, dans les locaux de l'imprimerie du groupe Rossel. À huit cents mètres de là, se trouve la forcerie de chicons Julowa. Ces deux bâtiments sont alimentés d'énergie thermique et électrique via les installations de GreenWatt. Cette production d'énergie à partir de déchets agroalimentaires permet ainsi à Nivelles d'économiser 440 tonnes de CO2 par an. Pourquoi ? Grâce au processus de biométhanisation (dégradation des matières organiques).

Savez-vous qu'un site agroalimentaire peut produire jusqu'à 180 tonnes de déchets par jour ? Par déchets, on entend principalement légumes abîmés et racines. GreenWatt se fait partenaire des projets de biométhanisation, en fournissant sa technologie de pointe. L'originalité : pas un gramme de lisier ou de fumier n'y est utilisé.

Comment ça fonctionne ?

On commence par semer des graines dans les champs au mois de mai. Environ 140 jours après, on en récolte la racine, qui s'est développée dans la terre. Cette racine est surveillée pendant plus ou moins 21 jours dans des frigos. De la racine sort ensuite un bourgeon, le chicon, qui est récolté à son tour. La partie consommable part dans la distribution tandis que l'autre partie, qui contient les déchets, est livrée à la forcerie de chicons. Ces résidus sont recyclés, afin d'éviter de les jeter. Le biogaz produit par la décomposition des matières organiques (biométhanisation) est utilisé pour faire de l'énergie. Il peut être brûlé, comme le gaz naturel.