L'Agence de développement local vit ses derniers instants. Le divorce entre les trois communes partenaires du projet, initié en 1998, est pratiquement consommé : le 18 mars prochain, un conseil d'administration se prononcera sur le rapport d'activités 2009 de l'Agence de développement local et fixera la date à laquelle l'assemblée générale votera la dissolution pure et simple de cet outil, subventionné par la Région wallonne. Bref, on liquide les affaires courantes au sein du personnel de l'ADL... en attendant le licenciement.

Mais pas question de servir de chair à canon pour régler de vaines querelles politiciennes : c'est le front commun syndical qui monte de la sorte aux barricades pour permettre au personnel de l'ADL de sortir de sa réserve sous couvert des organisations représentatives. Le grief dénoncé porte sur les accusations, jugées calomnieuses, du bourgmestre de Mont-de-l'Enclus : Jean-Pierre Bourdeaud'huy avait, à la fin du mois de janvier, parlé de détournements d'argent dans le chef des employées de l'ADL.

« De toutes les personnes qui n'ont rien à dire, celles que je préfère sont celles qui se taisent ! », claque Pascal Douliez (CGSP). La sentence est reprise en choeur par Armand Boite (SLFP) et Frédéric Van Coillie (CSC) qui regrettent la tournure des événements.

« Le bourgmestre de Mont-de-l'Enclus ne voulait plus de l'ADL ; il a tenu des propos inqualifiables dans la bouche d'un mandataire qui, par ses absences répétées au sein des instances censées contrôler l'Agence, a transformé son combat en querelle politicienne. Le personnel est pris en otage, voire cloué au pilori par ce clash inévitable. Nous regrettons que d'aucuns s'affichent désormais en chevaliers blancs par presse interposée. » Le front commun syndical étudie, pour l'heure, toutes les possibilités de recours. Une plainte pour diffamation n'est pas exclue.

Descente du SPW

Quant au Service public de Wallonie, il avait annoncé sa volonté de faire toute la lumière sur le passé de l'ADL. Hier, ses inspecteurs sont, pour ce faire, descendus dans les locaux de l'administration communale de Pecq qui, depuis la création de l'association de fait jusqu'à la création de l'ASBL en 2008, couvrait les agissements de l'Agence, considérée comme n'importe quel autre service communal. Le SPW tend à faire la lumière sur les dix premières années d'activités de l'« intercommunale », sur les discordances existant entre les comptes produits par le receveur communal de Pecq et les agents de développement local. Ceux-ci attendent beaucoup des éclaircissements qu'apportera cette enquête. « Nous n'avons jamais été entendues par les membres du conseil d'administration, expliquent aujourd'hui Alix Lombard et Stéphanie Verbeke. Au contraire, on nous a demandé de quitter l'assemblée. C'est une procédure disciplinaire qui cache son nom ; dans tout dossier de ce type, la logique veut que l'on entende aussi la partie accusée. Nous aussi, nous exigeons que l'enquête du SPW se termine. » Et innocente le personnel. « L'ADL, c'est mon seul job. "Licencié pour détournements", sur un CV, cela n'est vraiment pas du meilleur effet », lâche encore Alix Lombard.