Des tour-opérateurs dans les Balkans affrètent des cars pour les candidats à l'immigration en Belgique. « Stop » ! Dit le gouvernement belge.
Le gouvernement belge s'est adressé mardi directement aux populations locales albanophones de Macédoine et de Serbie, dont plusieurs centaines de ressortissants ont pris le chemin de Bruxelles depuis l'exemption de visa par l'Europe à la mi-décembre.
Le secrétaire d'État à la politique de migration et d'asile Melchior Wathelet a ainsi rencontré au matin des Macédoniens albanophones à Lipkovo, où jusqu'à 42 élèves manquent à l'appel, leur famille les ayant entraînés dans le parcours de l'immigration.
Il s'est ensuite rendu de l'autre côté de la frontière, à Bujanovac, ville à majorité albanophone où là aussi, des agences de voyages affrètent des cars pour la Belgique en faisant croire que les migrants y trouveront logement, allocations et travail.
Des deux côtés de la frontière, les autorités communales albanophones ont fait part de l'extrême pauvreté de leur population et des discriminations dont elles s'estiment victimes de la part des pouvoirs centraux de Skopje et de Belgrade.
Elles ont ainsi évoqué le manque de perspective d'emploi, l'insécurité et des « répressions » policières et militaires dont elles se disent victimes, des conditions sanitaires précaires, des infrastructures déficientes et un manque d'investissement dans leur région de la part des autorités centrales.
Jugeant que ces discriminations - que démentent les autorités serbes et macédoniennes - ont un caractère politique autant qu'économique, les bourgmestres de ces villes albanophones ont demandé à M. Wathelet comment, dans ces conditions, certaines familles pouvaient résister à l'attrait de l'immigration.
À chaque fois, le secrétaire d'État a répété qu'il n'existait en Belgique aucun droit à un asile sur base économique et souligné la nécessité de « dire la vérité » aux populations locales, doublement victimes selon lui de tour-opérateurs mensongers et d'un retour difficile au pays. Il a aussi insisté sur l'importance pour Belgrade d'investir dans ces régions et d'un soutien international, pour prévenir une émigration dont « personne ne sort gagnant ».