Arrivés dans un chemin peu éloigné du village, près des marais, à peu de distance du bois dont il est séparé par quelques prés et des terres en culture, ils trouvent le corps sans vie de Marie-Catherine. La tête nue, la figure contre terre, couverte de contusions et de blessures nageant dans le sang. Une boucle d'oreille est trouvée près du cadavre, apparemment détachée par la chute, tandis que l'autre est restée fixée à l'oreille gauche. Le mouchoir qu'elle avait sur les épaules lui est retiré pour en couvrir la tête.

Après un premier examen, l'identité constatée et une garde placée pour en prévenir l'enlèvement, la police suit les traces marquées par le sang. Dans le chemin qui mène à Hosdent, dit large voie, il existe un très petit espace sur la gauche, dégarni de bois.

C'est là que la victime a reçu les coups dont le cadavre porte les trop nombreuses empreintes. C'est à cet endroit qu'est trouvé un bâton, l'instrument du crime, dont une des extrémités, dégagée de l'écorce, est recouverte de cheveux. Un bâton, mais aussi un morceau de brique sur lequel on remarque d'un côté de la mousse verte, de l'autre un peu de sang. Enfin: un jupon, un linge d'enfant, un mouchoir de coton et un bonnet qui contient deux serre-têtes ... Assez d'éléments qui prouvent que cet endroit est le théâtre sanglant du crime.

À peu de distance, se trouve l'enfant, le visage tourné vers le ciel. Il sera confié à une parente de sa malheureuse mère. Et son père ?

Tout a été exploré, constaté avec soin. Le crime est certain, il faut en rechercher l'auteur. Qui penserait à soupçonner le père de l'enfant, l'époux de la victime? C'est pourtant lui que toute la commune accuse. Cet homme, alors que tout Fallais s'agite, que la douleur est dans toutes les âmes, reste immobile, feignant de travailler à ses pommes de terre dans un champ voisin de son jardin. Il sait cependant que sa femme a expiré, que son enfant est seul dans le bois et sans secours.

Et loin de courir avec tout le village, loin de gémir avec tout le monde, il attend sans émotion apparente que la police vienne le trouver, qu'elle prenne la mesure de ses pieds, que ne recouvre aucune chaussure, bien que ses sabots soient là.