C'était un conte de fé e, la vie des époux Letiexhe-Vossen. Lorsque le docteur endocrinologue de Theux - « qui s'est toujours senti spadois » - parle de sa vie au côté de Marie Vossen, les yeux de cette dernière brillent. « C'était un coup de foudre », dit-elle. Ils avaient tout pour être heureux. Un terrain et une maison offerts par les parents de Michel Letiexhe, deux enseignants, deux enfants, une vie aisée. « C'était merveilleux : dix ans de bonheur. Tout allait bien, je travaillais, je gagnais bien ma vie. Nous avons eu un enfant, un garçon aujourd'hui âgé de 13 ans. Nous avons bâti. Est alors née notre fille...», explique Michel Letiexhe.
Un enfant pas comme les autres. Une surdité sera diagnostiquée. Nous sommes en 1999. Le couple fait face. « Aujourd'hui, cela va mieux, elle suit une scolarité normale mais je dois bien admettre que je ne l'accepte toujours pas... », souligne Marie Vossen à la barre. Régente en mathématique, elle a arrêté de travailler pour élever les enfants. Elle a aussi du temps pour elle. Et grâce aux revenus très confortables de son mari, estimé à 6 500 € par mois, elle fait plus souvent qu'à son tour chauffer la carte bleu. « Elle était dépensière », commente son ex-époux. Des dires confirmés par l'intéressée. Mais le médecin va plus loin et étaye cet état de fait. « Quand j'ai fait le relevé de toutes les cartes de banque, je suis arrivé à une somme de 14 millions de francs belges (375 000 €) au terme des 10 ans de vie commune.
» L'assemblée, qui compte plus d'un supporter du médecin, gronde. « Elle en achetait des vêtements. Elle avait plus de 500 paires de chaussures. » Marie Vossen tempère. « J'étais sous contrôle financier. Je ne pouvais pas acheter sans que Michel ne soit au courant. » Pendant ce temps, Michel Letiexhe se partage entre le CHU du Sart-Tilman, celui d'Esneux, Brüll à Liège et son cabinet privé à Sainte-Elisabeth à Heusy. « Je me suis spécialisé en médecine interne puis en endocrinologie. C'est en 1998, puisque j'étais spécialiste que j'ai pu avoir deux demi-journées pour mon propre cabinet qui marchait bien. » Le médecin ne laisse pas tout l'argent à sa femme. Il aime le vin, le pilotage des avions puisqu'il prend des cours et il investit dans l'immobilier : un appartement à Saint-Idesbald, un garage là-bas aussi, un cabinet à Spa. Car Marie Vossen a repris les bancs de l'université. Elle décrochera une licence en psychologie... et un amant, un de ses professeurs. « J'aurais dû quitter Michel plus tôt. J'étais dans une prison... dorée.» Le début de la fin pour le couple. Mais si Michel Letiexhe accorde, magnanime, comme il peut l'être, son grand pardon. Prise en adultère en novembre 2005, le divorce sera prononcé en 2007 aux torts de Marie Vossen. J.J