Une ef froyable explosion a secoué toute la cité verte de Gozée et réveillé de nombreuses personnes à plusieurs kilomètres à la ronde, hier matin, peu avant 6 h 30. « Un grand boum », racontent les riverains de la rue de la Taille Labé, qui ont senti les murs de leurs habitations trembler lorsque le no 59 s'est écroulé comme un château de cartes, après une violente déflagration.

Des gravats ont été propulsés à la ronde, endommageant deux véhicules garés en face de l'habitation, ainsi que les fenêtres de plusieurs maisons. Vu l'ampleur de la catastrophe, les pompiers de Thuin ont bien vite fait appel à leurs collègues de Charleroi. Les premières informations faisaient en effet état de la présence d'un couple et d'un enfant sous les décombres. Et rapidement, l'hypothèse d'un suicide a été évoquée, étant donné que l'explosion était due au gaz, mais qu'aucun raccord n'existait dans cette rue.

« Nous avons découvert une bonbonne de gaz, à l'étage, près du lit conjugal », explique le Lieutenant Michel Méan, porte-parole des pompiers de Charleroi. « Elle n'était reliée à aucun appareil. Ce qui laisse croire à un acte volontaire ». Le corps d'Alain Soyer (55 ans) a finalement été retrouvé dans les gravats, à l'emplacement des toilettes. L'inquiétude restait vive en ce qui concernait son épouse Muriel et son fils de 10 ans. Un chien de décombres a donc été dépêché sur place pour poursuivre les recherches entamées à mains nues par les secouristes. Mais cette dernière a finalement téléphoné aux forces de l'ordre en tout début de matinée, déclarant qu'elle se trouvait dans sa famille, avec son enfant. Selon les voisins, le couple était en instance de séparation.

Le chien d'Alain Soyer, un magnifique braque, a quant à lui survécu à l'explosion. Il a été pris en charge par la SPA de Charleroi. Hier dans la matinée, une grue s'était rendue sur les lieux pour déblayer les décombres. Le Parquet de Charleroi a été avisé et a déféré un expert sur les lieux. Les causes de ce drame sont probablement volontaires : une courte lettre d'Alain Soyer adressée à son épouse a été retrouvée dans les décombres. « Je t'aime, je vous embrasse », furent manifestement les dernières pensées du défunt avant de mourir.F.D.