Au sein de l'organisation des Picardes, on l'a surnommé le « c yclo-compteur ».
Depuis le départ d'Alain Dedoncker à la démission de José Lelangue voici six ans, Patrick Laurent a repris en main les chiffres du Challenge.
Hiéroglyphes C'est lui qui chaque semaine a la très lourde charge de déchiffrer les cartes griffonnées sur un coin de comptoir avant le départ des randonnées. Elles sont rédigées par des pédaleurs d'élite plus que par des rois de la calligraphie. Souvent, on doit donc deviner le nom des participants, procéder par de savantes déductions. « Des gens s'en foutent. Parfois, je travaille sur des hiéroglyphes. Ou j'identifie en me souvenant vaguement de l'écriture ... » Patrick était un peu devenu le pharmacien de votre médecin ; le seul à découvrir des mots sur une ordonnance où vous ne voyez qu'un vague trait distordu. « Je me suis parfois bien bagarré avec des cartes pour retrouver l'auteur... » Alors, Patrick a cherché la parade et il a inventé le « numéro picard ». Tous les responsables de clubs ont désormais reçu la carte de leurs membres et chaque cyclo de l'Entente inscrit à la FFBC a son numéro compris entre A001 et A6000. « Cela permettra un gain de temps pour les organisateurs. Pour moi aussi... », confesse Patrick Laurent pour qui chaque Picarde correspond à une grosse demi-journée de travail d'encodage. « Un boulot ingrat. Je me fais souvent engueuler ; remercier aussi... parfois. »
Outre de collationner les participations, Patrick Laurent procède aux différents classements de la semaine, de l'année... Il a aussi inventé la « proportionnelle » rebaptisée « régularité » qui permettait de classer les clubs différemment et de ne pas toujours offrir les premières places aux dinosaures.
Bio...
Patron du Trianon à Rumillies pendant une vingtaine d'années, Patrick Laurent aimait jadis participer à des Trois heures ou à des Six heures. Mais il est loin des cyclos fous qui mènent de longs raids solitaires. S'il aime les pourcentages, c'est devant son ordinateur pas pour les gravir. « Le vélo, je le conçois en famille. Mon fils Jonathan évolue à Basècles. Pour ma part, sous les couleurs de Pipaix, je roule avec ma femme, Brigitte, et ma fille, Maïté. On s'arrête quand on en a envie, on s'assied sur un banc... On ne se met ni pression de temps, ni de vitesse. Je suis très dilettante, même si cette année je vais tenter de décrocher le titre de Super-Picard. » À 53 ans, le Velainois partage sa passion des chiffres et de la bicyclette avec celle du beau légume. « Je me suis mis à la culture bio. J'élève aussi poulets, lapins... Et je ne mange plus aucun produit qui ne soit pas de saison. Depuis qu'on suit ce régime, le médecin ne vient plus chez nous ! »