La nouvelle création d'Anne-Teresa De Keersmaeker et de ses complices de la compagnie Rosas s'intitule « The Song » et tire une partie de son matériau sonore du double album blanc des Beatles. Une représentation unique aura lieu au Palais des Beaux-Arts, ce jeudi 11 février à 20 heures 30. La célèbre chorégraphe s'est pliée à l'exercice de l'entretien.

Anne-Teresa De Keersmaeker, quel désir a présidé à la création de The Song ?C'était l'envie de continuer la recherche entamée lors de deux projets antérieurs, d'une part Zeitung sur la musique de Bach et de Webern, et d'autre part la collaboration avec Ann Veronica Janssens sur Keeping Still. Ce que ces deux projets ont en commun, c'est un désir d'en revenir à une certaine économie de moyens et un questionnement par rapport à la spécificité de la danse et de l'organisation du temps et de l'espace. The Song est une proposition encore plus radicale d'envisager le son, l'espace et la lumière, avec le corps comme point central.Quelles difficultés avez-vous rencontrées lors du processus de création ?Après Zeitung, savoir avec quelle musique travailler après Bach et Webern a été une vraie question pour moi. C'est de là que sont venus d'une part ce silence et d'autre part cette musique tirée de l'album blanc des Beatles. Le défi consistait à organiser les choses de telle façon que ni le silence, ni la lenteur ne deviennent quelque chose de lourd. À changer la perception, le regard et l'écoute d'une façon naturelle.

The Song s'adresse-t-il à tous les publics ?Il est clair qu'on ne peut, ni ne veut, plaire à tout le monde. Le football ne plaît pas à tout le monde non plus. J'avoue que dans The Song, il y a une certaine austérité qui n'est pas dans les habitudes d'aujourd'hui. Mais c'est une raison de plus pour le public de répondre à cette réelle invitation à l'écoute, à ce regard un peu plus lent que d'habitude.L'oeuvre désormais achevée, quel en est votre degré de satisfaction ?Une grande satisfaction. Le spectacle vivant est toujours en devenir. Chaque confrontation au public est différente. Dans ce sens, l'oeuvre n'est jamais complètement achevée.