Reconnu pour sa production lit téraire éclectique et abondante, Christian Bierlaire fut avant tout un enseignant passionné de pédagogie vivante et désireux de libérer l'enseignement quotidien d'habitudes obsolètes. Il a terminé sa carrière publique en tant que directeur de l'école d'application de l'École Normale de Jodoigne.
Parallèlement, il débute une carrière d'écrivain en 1963 avec un premier essai « Effigies d'un nouveau monde ». Dans la foulée, en 1967, il sort de presse « Cinq légendes légendaires du Pays de Soye » d'où il est originaire. En 1970, il reçoit une première consécration, « Le Grand Prix de Wallonie », récompensant la diversité de son oeuvre. En 1975, il obtient la médaille de la ville du Canet pour un travail sur le peintre Chaïm Soutine.
Inclassable, il aiguise son sens de l'observation des gens dans des romans, essais, nouvelles, comédies théâtrales dialectales et françaises, poésies, monographies ou encore fables.
Il collabore également au mensuel Confluent où, régulièrement, il signe des articles s'intéressant aux oeuvres de plusieurs peintres : Marcel Lefèvre, Christian Hocquet, Marcel Nélis, Marcel Hocq, Félix pour ne citer que les principaux.
Connu dans le milieu des « théâtreux », il effectue des critiques de comédies wallonnes dans le quotidien Vers l'Avenir pendant plus de 10 ans qu'il signe du pseudonyme Nico Hancotte.
Grand amateur de courses cyclistes, il fut lui-même cyclotouriste affilié au sein du Royal Namur Vélo avec qui il arpente les routes wallonnes mais également les parcours de classiques flamandes ou ardennaises.
Avec son épouse Nicole, décédée il y a plus de 5 ans, il crée la maison d'édition Mera. Il y publie ses romans à connotation policière (« Chasse à Louer », 1990 ; « Le cri déchiré », 1991). Il produit sur les planches du Forum et de la Maison de la Culture plus de 30 comédies wallonnes et françaises (« Dès Claus d'vacha », 1984 ; « Les Cyclos », 1988 ; « Mie », 1990 ; « L'èfant », 1992 ; « Li Candidat'européenne », 1993...)
Il sort également un magnifique recueil de fables, « Fables du vingtième siècle », illustré par sa nièce Vanessa Leclercq. Il y actualise d'un oeil vif et d'une plume acerbe les fameuses rimes de La Fontaine. À cette occasion, il sera même reçu à Château-Thierry.
Vouant un véritable culte à l'opéra et à la musique classique, l'accueil de chacun de ses visiteurs est bercé des voix de ses cantatrices fétiches.
Frappé par le décès soudain de son second fils, Roland, en 1988, et par une cécité dégénérescente, il maintient un contact journalier avec l'écriture. Doté de loupes et d'écran agrandissant, il lui faut parfois plus de trois jours pour écrire un article tellement sa cécité est profonde et de plus en plus importante.
Notre journal salue un correspondant culturel mais également un défenseur de la culture et des lettres très discret sur la scène publique et très savoureux dans son franc-parler.