De vant le feu allumé en face de l'entreprise avec du bois de palette, ils n'en reviennent toujours pas. Jeudi, la direction leur a annoncé, en conseil d'entreprise extraordinaire, la fermeture prochaine de l'usine, spécialisée dans la production d'emballages en carton ondulé. Douche froide. Coup de massue. La majorité du personnel n'a pas vu venir la catastrophe. « Nous dire, en début d'année, que nous sommes les plus productifs et fermer l'usine trois semaines plus tard, c'est honteux » dit l'un d'entre eux.

Rappel : il s'agira d'un licenciement collectif, la direction de Smurfit Kappa ayant agité la loi dite « Renault ». 69 emplois, 62 ouvriers et 7 employés, vont donc valser. Pour les syndicats, c'est une certitude mais ils veulent légitimement aménager des pistes de sortie dignes et honorables pour les travailleurs.

Le responsable du site, Harry Gielen, n'a souhaité faire aucun commentaire tandis que les travailleurs bloquaient l'accès à l'usine d'éventuels fournisseurs.

Pour eux, il est limpide que le site de Mettet est sacrifié au profit des deux autres sites de production. « Plusieurs fois, des camions annulés en dernière minute, des palettes auxquelles on n'a plus bougé depuis 5 ans et qu'on rapatrie soudainement sur Ghlin. C'étaient des signes » commente l'unique délégué de la CSC Marc Charlier.

Les délégués sont sur le pont : Pascal Vivone (secrétaire permanent de la centrale FGTB de Namur) et Stéphane Baudart (secrétaire permanent Setca).

Christophe Graver, le délégué des employés, est encore abattu de l'annonce de la fermeture, jeudi dernier. « Les machines sont vétustes, c'est vrai, mais ils n'ont jamais modernisé l'outil regrette-t-il. Les nouvelles machines, c'étaient pour les sites de Ghlin et Grand-Bigard. En fermant Mettet, ils vont résoudre le chômage dans les deux autres sites de production mais nous, on reste sur le carreau. »

Un sentiment de tristesse domine : « Ici, c'est familial, tout le monde se connaît, il y a une bonne entente, tout ce nous qu'on nous a demandé de faire, on l'a fait. Il y a 15 jours, en présentant leurs voeux, ils nous ont encore félicités : une bonne qualité, une bonne productivité et on ferme. C'est très dur à avaler».

Pour le permanent Louis Nihoul, cette fermeture est un coup dur pour la région. « À l'échelle de Mettet, c'est aussi catastrophique que la fermeture d'Opel à Anvers » a indiqué le syndicaliste, pour qui la fermeture de Cartomills ne se justifie pas, le site de Mettet étant en boni. « La direction profite de la crise pour procéder à des licenciements » a-t-il dénoncé. Les travailleurs de Mettet ne peuvent pas compter sur la solidarité du personnel de Ghlin et de Grand-Bigard. « Ça les sauve un petit peu, ils chômeront moins en récupérant ce que nous produisions, c'est une bouffée d'air pour eux, mais jusqu'à quand ? P.W.