Jean-Yves, samedi, juste avant votre match contre Aische, nous avons lu dans le journal « La Meuse » que vous déclariez vouloir relever un nouveau défi, à un niveau « supérieur à la promotion ». Etait-ce bien le bon moment pour lâcher un truc comme ça ?Je n'ai pas choisi mon moment (sic), j'ai simplement répondu aux questions d'un journaliste qui me demandait ce que je comptais faire l'an prochain. J'ai répondu honnêtement, comme j'ai l'habitude de le faire. Je n'ai pas pensé au match du soir en répondant, mais, ça oui, personnellement, j'étais déjà dans ce match, concentré.

Vous avez notamment parlé d'aller à Verviers ou à Visé...Oui, j'ai parlé de ces clubs, mais pas tout à fait comme je l'ai lu. Je les ai évoqués parce qu'ils sont en D3, mais j'avais aussi précisé que Verviers, c'était loin, que Visé avait une structure et certaines exigences contraignantes, des choses qui faisaient justement que ce n'était pas évident. Et je n'ai jamais voulu ne parler que de ces deux clubs-là, ce qui d'ailleurs aurait paru prétentieux.Mais vous voulez la D3 ?Non, pas à tout prix. Je veux un nouveau défi. Un club ambitieux de promotion, ce serait bien aussi. Je ne ferme la porte à aucune division, en fait. Ce que je veux, c'est un club avec un projet ambitieux, même sur deux ou trois ans.

Vous êtes prêt à faire des kilomètres ? (NDLR : il habite à Ampsin)Faut voir. C'est clair que j'ai toujours été quelqu'un qui faisais attention à sa famille. Mais je n'entraîne plus les jeunes à Synergie, j'ai donc plus de temps. Je suis éventuellement prêt à rouler quarante, cinquante kilomètres, oui. Mais le plus près sera toujours le mieux bien sûr.

Et si Bas-Oha avait un projet ?Je veux être clair, je n'ai jamais dit que je partirais de Bas-Oha. Si le club venait avec un projet ambitieux, un objectif de monter dans les deux ou trois ans, je pourrais aussi rester.

Est-ce que cette sortie dans le journal n'est pas une manière de faire monter les enchères par rapport à Bas-Oha ? (NDLR : Mercenier est en fin de contrat)Non, je ne pense pas. Je n'ai pas demandé à être interviewé. Je ne suis pas un mercenaire, je n'irais pas à Hannut, par exemple, qui aurait les mêmes ambitions que Bas-Oha, pour 25 € de plus par match. D'ailleurs, si j'étais mercenaire, je serais parti depuis longtemps de Bas-Oha, dont on sait que la situation financière, dans un passé récent, a été un peu délicate. Finalement, le défi que vous avez envie de relever à 26 ans, vous auriez pu le relever à 21, 22 ans... (NDLR : il joue en première depuis ses 16 ans !)Oui, mais à 21, 22 ans, Bas-Oha m'a proposé des choses que je ne pouvais pas refuser. Quand j'étais aux études. Puis quand on m'a aidé à trouver du travail.Est-ce que finalement vous ne devriez pas aller à Huy ?Pourquoi pas ? Je suis ouvert à toute proposition. J'avais eu une proposition de Huy il y a deux ans, mais je venais de descendre en P1 avec Bas-Oha, et j'avais comme tout le monde ma part de responsabilité dans cet échec. Je ne voulais pas quitter Bas-Oha parce qu'il descendait. Et puis Yves Dethier arrivait, j'avais envie de le connaître comme coach. L'année passée, je n'ai pas eu de proposition, de Huy, même si j'avais lu dans le journal qu'Alain Dheur disait que si je voulais y aller, je devais appeler.

Vous êtes une star à Bas-Oha et dans la région. Ailleurs, ce ne serait plus le cas. Qu'en pensez-vous ?C'est vrai qu'on a toujours des craintes devant un nouveau challenge, mais je sais que j'ai toujours eu une mentalité exemplaire, et partir de zéro ailleurs m'intéresse aussi. Même si je sais aussi que ça pourrait ne pas marcher.

Au fait, ce n'est pas parce que vous pensez que Bas-Oha va descendre en P1 que vous voulez relever ce nouveau défi ?Alors là, je n'imagine même pas du tout que ça puisse se passer. Non, une descente sur la carte de visite d'un joueur, c'est bien assez. Ce samedi, nous n'avons pas fait un bon résultat point de vue chiffre, mais nous ne sommes pas en position de relégable et notre fonds de jeu est bon.STEVER