Plus que les chiffres - défaite 2-4 devant une équipe qui lutte pour se maintenir et qui restait sur un petit « 1 point sur 18 » - c'est la manière qui inquiète.
Les joueurs ont un comportement exemplaire en semaine, selon Olivier Defresne, l'entraîneur. « Ils travaillent bien à l'entraînement et souvent ils se retrouvent même pour taper la carte ».
« Tout baigne dans le vestiaire mais pas sur le terrain. C'est inquiétant », confirme Matthieu De Roos.
Comment expliquer que le travail en parfaite osmose la semaine s'effrite en match le dimanche ? Comment expliquer que des gaillards qui ont fait étalage de leur talent sous d'autres couleurs se révèlent incapables d'aligner deux passes consécutives avec le Wallonia ? Comment expliquer qu'après seize matches, les Rouge et Vert évoluent sans fond de jeu, sans automatismes... sans envie presque ? Manque de confiance ? Manque de volonté ?
N'allez même pas chercher les réponses dans des soucis extra-sportifs. La direction du club nous certifie que tous les joueurs sont défrayés à temps, ce dont tous les clubs ne peuvent se vanter. Un désaveu du coach ?
Olivier Defresne aurait déjà posé la question de confiance à son « vestiaire ». Une consultation jugée positive.
L'entraîneur fait aussi avec ce dont il dispose et il faut reconnaître qu'après les départs de Rosa Chaveiro et de Suljeman, l'équipe se retrouve en manque de véritables moteurs dans l'entrejeu. Ça n'explique probablement pas tout et certainement pas qu'on puisse jouer sans âme comme c'est trop souvent le cas aux Boscailles ces derniers temps. On est loin d'une certaine époque, quand Patrick Thairet qui dirigeait encore l'Olympic de Charleroi, avait un jour déclaré : « Je ne sais pas pourquoi, mais quand mes joueurs doivent affronter Walhain, j'entends leurs genoux qui claquent dans le vestiaire. » Les Rouge et Vert ne font plus peur à personne aujourd'hui.
Dimanche soir, certaines langues se sont déliées. Les uns reprochent les récents transferts, les autres plaident pour un changement d'entraîneur - plus facile que de changer une équipe complète - mais en attendant, on fait quoi ?
Tout d'abord, regarder ce qui se passe derrière plutôt que devant. La place de barragiste, occupée par Aische, n'est jamais qu'à sept points. Autant dire qu'il faudra encore gagner des matches pour se mettre à l'abri. Ensuite, préparer la prochaine saison et retrouver une équipe. Une vraie. Et pourquoi pas commencer tout de suite.N.My.