La sortie médiatique de Steven Defour, après la défaite à Genk (1-0), n'a pas dû plaire à tous ses équipiers, ou à ceux qui se sentaient visés. Ils auront le temps d'en parler aujourd'hui, à l'entraînement, puis lors d'une « sortie » de groupe, au karting puis au restaurant. Une manière de resserrer les liens ? En espérant qu'il n'y aura pas d'accident...

Car si la prise de parole du capitaine liégeois peut en agacer certains, il a au moins le don de mettre le doigt là où ça fait mal. Le dernier à l'avoir fait était Mohamed Sarr, après le match à Mouscron, qui se plaignait du comportement de Jovanovic. C'était il y a trois mois. Depuis ce nul pour du beurre chez les Hurlus, le bilan du Standard est à peine relevé par une qualification in extremis pour l'Europa Leaguefaut-il en rappeler les circonstances ?et ce n'est pas le comportement d'un seul joueur qui est en cause.

Après les propos de Sarr et avant celui de Defour, les coups de gueule ou remises en question publiques n'étaient plus guère nombreux en bord de Meuse. Cela passait même, ces dernières semaines, pour de la satisfaction, « au niveau de la mentalité », pouvait-on entendre après le nul (0-0) à Malines.

Le retour de Defour et l'agitation du champion bientôt sortant sur le marché des transferts hivernal avaient fait oublier que cette équipe reste en convalescence. Et ce ne sont pas ses deux victoiresl'une méritée contre Courtrai ; l'autre pas du tout à Charleroiqui pouvaient changer fondamentalement l'état de santé du malade.

Après Westerlo, un triptyque électrique

Plusieurs explications peuvent être avancées pour comprendre la situation des Rouches, mais c'est le manque de confiance qui caractérise cette équipe, fébrile alors qu'elle menait 0-2 à Charleroi et incapable de trouver des solutions valables à Genk. Outre la confiance, la mentalité est un autre souci à régler. Sans parler de l'ambiance d'un vestiaire uni, en façade, entre joueurs, mais qui a du mal à suivre son entraîneurpour certains le malaise est même plus profond. Et quand celui-ci fait appel aux remplaçants, qu'il n'avait pas ménagés en début de saison, cela peut faire désordre.

Bref, voilà le Standard revenu à la case départ, engagé dans une course contre la montre qui le maintiendra sous pression jusqu'à la mi-mars. Dimanche, contre Westerlo, il est obligé de gagner pour entretenir l'espoir du Top 6. Un succès nécessaire avant un triptyque final qui pourrait donner le vertigeà Bruges ; à Zulte-Waregem puis contre Gand. Et quand on sait que face aux équipes mieux classées que lui le Standard renseigne à peine six points pris sur vingt-et-un, cela n'incite guère à l'optimisme. À moins que la mentalité ne change...