Barges : pas une carrière maudite
(photo EdA)
Dimanche, vers 15 h 30, un Français de 54 ans s'est noyé dans la carrière de Barges, à Tournai, à l'occasion d'un exercice de plongée. Ce type de faits divers relance inévitablement le débat sur l'opportunité de permettre la poursuite d'une discipline aussi dangereuse que la plongée subaquatique.
Pourtant, si l'on considère que la carrière de Barges accueille chaque week-end jusqu'à 600 plongeurs de loisirs - sans compter les professionnels (pompiers et militaires) - le taux d'accidents liés à l'activité sous-marine est très limité, inférieur à celui observé dans d'autres disciplines, comme l'équitation, par exemple. Il importe aussi de s'interroger sur les circonstances exactes qui ont pu conduire à un tel drame.
C'est notamment le rôle que remplit Céline Delforge, responsable sécurité au sein de l'Association tournaisienne de plongée (ATP) qui a pour mission de gérer le site de Barges :« Dans le cas d'espèce, le plongeur français appartient à un club du Nord/Pas-de-Calais, il n'avait plus plongé depuis 4 mois. Il a effectué un premier exercice de remontée depuis 40 m avec son instructeur. L'essai n'a pas été concluant et les deux plongeurs sont redescendus pour recommencer. Le candidat a gonflé trop rapidement le gilet de son instructeur qui n'a pu contrôler la situation que lorsqu'il est arrivé vers moins 10 mètres. Le second a sans doute paniqué et a arraché son inflateur (ndlr : le système qui permet de gonfler son propre gilet). Il a été retrouvé, bouteille vide, à 40 mètres, par une palanquée (ndlr : un groupe de plongeurs) qui passait par là. La palanquée de sécurité s'est mise à l'eau mais n'a pas dû intervenir car elle a croisé les plongeurs qui revenaient avec le corps vers le ponton.... ».
Ce récit interpelle car, si les plongeurs français n'ont, au regard de leur réglementation, commis aucune faute, il n'en serait pas de même pour des plongeurs belges.
D'une part, parce qu'il est recommandé, chez nous, d'effectuer une plongée de « réadaptation » au-delà d'une certaine période d'inactivité. D'autre part, une plongée à -40 m n'aurait pas dû être programmée après une période d'inactivité, même si le candidat a une certaine expérience de la plongée. D'aucuns s'étonnent également qu'il y ait eu ré-immersion après un exercice raté. Cette possibilité est laissée à l'appréciation du moniteur, mais elle est peu recommandée à cette profondeur.
Jusque-là, les pratiques françaises et belges sont assez comparables. Elles sont en revanche très différentes si l'on considère que, chez nous, un tel exercice aurait été pratiqué en présence d'un troisième plongeur (confirmé). Ce qui permet, face à une telle situation, de ne pas laisser le candidat à son sort dans un milieu, par définition, inhospitalier. Ce n'est donc pas la carrière qu'il convient de pointer du doigt en de telles circonstances, mais la manière dont certains appréhendent le milieu.