Les Dardenne, Lucas Belvaux, Benoît Mariage, Joachim Lafosse ou Bouli Lanners lui doivent beaucoup. En s'octroyant la caméra d'or offerte à la meilleure première oeuvre lors du festival de Cannes 1991, Jaco Van Dormael a, tel un pionnier, ouvert la voie royale au cinéma belge. Lequel ne s'est pas fait prier pour, depuis lors, multiplier prix et autres distinctions majeures, à défaut de drainer le public dans les salles.

Ce jour-là, la nouvelle émission de la RTBF présentée par Élodie de Selys, est revenue hier soir sur cet événement fondateur du cinéma noir-jaune-rouge. Rappelant, par exemple, la trajectoire peu commune d'un cinéaste venu au cinéma par amour, mais aussi par hasard puisque c'est en tant que... clown qu'il débuta sa carrière : « Ça n'a pas duré très longtemps, mais j'aimais beaucoup ça. C'est quelque chose de très précis, mécanique, qui ne pardonne pas la moindre erreur. Car les enfants, qui sont votre public, sont sans pitié : s'ils n'aiment pas, ils se manifestent, et vous lancent des boulettes de papier au visage. » Porté au pinacle pour Toto puis Le huitième jour, qui valut à Pascal Duquenne et Daniel Auteuil le prix de l'interprétation masculine, Jaco Van Dormael n'eut jamais le triomphe bruyant, répétant plusieurs fois qu'il aspirait à un retour au calme. Rencontré récemment pour la sortie de Mister Nobody, qui n'a pas été retenu à Cannes, il confirmait : « Un réalisateur se fout d'aller ou pas à Cannes. Ça ne change rien au film, le travail est fait. Mais ça change énormément pour un distributeur qui, de la sorte, rentabilise déjà son investissement . »