En vigueur depuis lundi, l'alerte « smog » est prolongée ce mardi, les limitations de vitesse aussi. Et les bus seront gratuits. Tout ça coûte un pont à la Région.
Alerte smog , lundi toute la journée. Avec, dans tout le pays, des limitations de vitesse sur les autoroutes (90 km/h) et à Bruxelles (50 km/h). Des mesures qui ont été prolongée pour ce mardi par les trois ministres régionaux de l'Environnement (Région wallonne, flamande et Bruxelles Capitale).
En Wallonie, les bus des TEC sont gratuits depuis ce matin à 2 h et jusqu'à la fin de l'alerte, attendue dans la nuit de mardi à mercredi. Les chauffeurs délivreront ainsi aux usagers un ticket gratuit « pic de pollution ».
L'alerte avait été lancée dimanche, après que la Cellule interrégionale de l'Environnement (Céline) ait prévenu de l'arrivée d'une pollution aux particules fines (PM10) en provenance d'Europe de l'est.
« Presque tous les 419 panneaux "anti-smog" installés sur les axes routiers wallons ont pu être ouverts à temps », indiquait-on lundi chez Philippe Henry, ministre wallon de l'Environnement.
Les limitations de vitesse décrites ci-avant ne sont impératives que sur les tronçons délimités par ces panneaux. Ailleurs, il n'est question que d'une recommandation.
25 000 € par alerte !
Les panneaux en question ont été installés à des endroits où la limitation de la vitesse a un impact sur la pollution aux particules fines : la E42 (dorsale wallonne), le ring de Charleroi, les derniers kilomètres de la E411 avant le ring de Bruxelles et les accès de Liège.
Des sociétés privées sont chargées d'ouvrir les panneaux à la demande du Service public de Wallonie (SPW). L'opération coûte environ 25 000 €.
Ce genre d'alerte au pic de pollution est d'habitude prévisible quelques jours à l'avance en raison des conditions météorologiques belges. Il est précédé d'une phase de pré-alerte, qui, cette fois, n'a pu être enclenchée vu l'origine de la pollution.
« Une mesure qui ne résout rien »
La limitatio n de vitesse lors de pics de pollution aux particules fines est une solution à court terme qui ne résout pas le problème de la pollution, estime Touring.
« Tout le monde sait que durant les heures de pointe, la plupart des gens n'atteignent pas les 90 km/h sur les autoroutes, observe l'association d'automobilistes. À ce moment, il ne faut donc pas introduire de limitation de vitesse supplémentaire. »
Touring affirme que, plutôt que d'imposer une limitation de vitesse, il faut s'attaquer au problème de la synchronisation des feux.
« C'est elle qui, notamment à Bruxelles, provoque beaucoup d'embouteillages, explique Danny Smagghe, porte-parole. Et les voitures prises dans les bouchons polluent plus. »
Touring note ainsi qu'une vitesse limitée à 50 km/h en Région bruxelloise entraîne une plus forte consommation de carburant que si les véhicules circulent à 70 km/h. L'association, plaide donc pour une meilleure fluidité du trafic.
Touring demande également que soient prises des mesures à long terme, notamment vis-à-vis de l'industrie et des entreprises.
« La limitation de vitesse à 90 km/h apporte un changement au moment même mais rien ne montre l'efficacité de cette mesure sur le long terme. »
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Pas de smog dans la verte province
Paradoxe : la province du Luxembourg serait complètement indifférente aux pics de pollution. Hier en effet, la limitation de vitesse sur toutes les autoroutes en Belgique ne valait pas pour la E411 et la E25 en Luxembourg, où l'on pouvait rouler en toute impunité à 120 km/h. Pourquoi ? Le MET considère que la plus haute altitude au sud du sillon Sambre et Meuse contribue à disperser plus facilement les particules fines dans l'air.
Pays voisins touchés
Les pays voisins sont également touchés par la pollution de l'air en Belgique. Il ne fait donc aucun doute pour lui que la diminution de la vitesse à 90 km/h a un sens. Ce sont principalement les personnes qui habitent et travaillent le long de voies rapides qui en profitent.
4,7 % d'excès de vitesse
La police fédérale de la route a surpris 2 866 conducteurs en excès de vitesse soit 4,7 % des conducteurs contrôlés, hier, au premier jour de l'alerte au pic de pollution aux particules fines. La vitesse la plus élevée enregistrée était de 165 km/h. Ces données proviennent uniquement des radars mobiles. Les résultats obtenus par les caméras automatiques dans les zones smog n'étaient pas encore disponibles hier.
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