Twitter et Facebook sont des outils complémentaires aux médias traditionnels, tel est le constat de l'expérience "Huis clos sur le net"
Ils ont passé cinq jours dans un gîte du Périogord pour décrypter les réseaux sociaux et l'utilisation que les médias pouvaient avoir de ceux-ci. L'heure est au débriefing. Expérience réussie?
Huis clos sur le net, c'est fini. L'heure est au débriefing. Souvenez-vous, il y a une semaine, 5 journalistes des radios francophones allaient s'enfermer dans un gîte du Périgord pour tenter une expérience inédite: un huis clos sur internet. Leur objectif: s'informer avec comme seule source d'information les réseaux sociaux.
L'expérience a-t-elle réellement répondu aux questions qu'elles posaient? «Facebook et Twitter sont des outils complémentaires aux médias traditionnels», explique Nicolas Willems, journaliste pour la RTBF, qui a participé à l'émission. «L'avantage des réseaux sociaux et sans conteste, la rapidité. De plus, on ne rate pas une seule information. Mais, force est de constater, qu'on ne peut se contenter de cela. Les informations reçues sont brutes, courtes et anonymes. Il faut donc les recouper, les vérifier. Mais, je pense qu'on doit se servir de ces vecteurs d'information. D'ailleurs, bon nombre d'informations proviennent des médias traditionnels présents sur la toile. Le nombre de scoops est minime», rajoute-t-il.
Sur la toile
Les critiques vont bon train. Certains trouvent cette expérience trop médiatisée tandis que d'autres pensent qu'elle est simplement inutile. Parmi les remarques récurrentes, les internautes trouvent que ces 5 jours n'apportent rien de neuf. Mais c'est le cas aussi des journaux en ligne. «Pas question ici de remettre en doute le sérieux et la bonne foi des participants. Mais les conclusions de Huis clos n’étaient-elles pas déjà écrites à l’avance? Quels enseignements en ressortent, sinon des notions que les utilisateurs de ces réseaux sociaux savent déjà?», voilà ce qu'on peut lire sur le site internet du journal Libération.
Facebook ou Twitter?
A la lumière de l'expérience, on peut cependant ajouter que la distinction majeure entre Facebook et Twitter, leaders des réseaux sociaux, s'affirme davantage. Facebook est considéré comme un réseau privé, ludique. Où l'on poste ses photos de vacances, où l'on discute avec ses amis. Twitter est, lui, considéré comme plus professionnel. «Les deux outils sont différents. Twitter est très rapide, c'est presque de l'information en direct. Mais, les messages sont très courts, pas toujours complets et souvent anonymes. Sur Facebook, on connaît souvent nos interlocuteurs donc les échanges d'information sont plus précis. Par exemple, lorsque j'ai voulu entrer en contact avec Carel Pedre, le journaliste haïtien, j'y suis arrivé grâce à Facebook. «Le buzz de Lille» (NDLR: une rumeur a été lancée via Twitter sur une possible explosion à Lille) est aussi un bon exemple. Beaucoup de messages ont été diffusés sur Twitter mais aucun n'a pu confirmer ou infirmer l'information. C'est sur Facebook que j'ai trouvé les meilleures réponses.»
Des conclusions déjà connues?
Nicolas Willems n'est cependant pas d'accord avec l'idée que les conclusions du huis clos étaient connues d'avance. Il pense que cette expérience est un atout pour nos médias. «Bien entendu, il y a des choses que nous savions déjà avant d'entrer dans le gîte. Mais, ce n'est pas ça qu'il faut retenir. Cette expérience est, selon moi, le point de départ d'une grande réflexion sur l'utilisation des réseaux sociaux par les médias traditionnels. De plus, cela nous a permis de faire connaissance avec ces médias et l'utilisation de ceux-ci».
Il est trop tôt pour pouvoir tirer des conclusions définitives sur ce sujet. Mais quoiqu'il en soit le débat est lancé: devons-nous considérer les Facebook et Twitter comme des outils dans la recherche d'information?
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Les acteurs de cette expérience tirent leurs propres conclusions.
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