Du haut de sa catégorie 1, la maison de jeunes hannutoise « la Rib », prend les jeunes en mains... en se laissant faire par eux. Bien plus qu'une offre hétéroclite d'ateliers, la Rib c'est aussi une ouverture aux autres et à l'âge adulte. Parce que la vie, ce n'est pas se laisser assister aveuglément, la vie c'est prendre des décisions, les comprendre, les assumer, faire des choix et s'y tenir.
Une philosophie bien ancrée dans le sourire des animateurs, le temps de l'assistanat est révolu. Alors tous les mois, les jeunes se réunissent. Au menu : papotes et débats avec des projets à mettre sur pieds. Du changement de marque de jus d'orange pour la cuisine au voyage à la montagne, de l'heure de fermeture le vendredi soir aux travaux de transformation du local : tout y passe et rien n'est simple.
« C'est une façon de les responsabiliser, il faut qu'ils comprennent ce que certaines décisions, certaines envies entraînent. » Grande soeur Naja vit la Rib. Outre les ateliers qu'elle anime, elle met du coeur à entraîner les jeunes vers l'âge adulte en citoyen responsable. « Tous les mois nous organisons le souper convivial. On fait une tournante : un groupe de jeunes différent s'occupe de préparer le repas, de mettre la table, de récolter l'argent, de faire les courses, d'accueillir les convives... Mais pour un simple souper, il faut travailler. Après, nous avons un système de caisse : les bénéfices sont partagés entre les jeunes qui ont travaillé. Ainsi ils ont un montant à leur disposition. »
Mettre la main à la pâtePas question pour autant que le jeune reparte avec ses cinquante euros en poche à dépenser à n'importe quoi. « Le but, c'est de les responsabiliser, de leur dire qu'ils ont un âge où les parents ne doivent pas tout assumer, qu'ils peuvent aussi mettre la main à la pâte. Alors les bénéfices sont ici. S'ils veulent participer à une activité, ils peuvent décider de la payer avec leur caisse ou de réserver cet argent pour autre chose. » C'est ainsi que certains payent toutes leurs activités à la maison des jeunes grâce à leur travail. « Ça arrange tout le monde : le jeune se prend en main et pour les parents c'est parfois un petit soulagement. » Outre le repas mensuel, les jeunes doivent souvent faire preuve d'inventivité pour collecter de l'argent : parrainage, lavage de voiture, vente de gaufres maison... La Rib' ne rentre pas dans le circuit des grosses machines de bénéfice comme les soirées, ici on gagne petit à petit, mais on ne prend pas trop de risque non plus. Une école de la vie, quoi !