Jean-Jacques Viseur, le bourgmestre de Charleroi, suspecte dans ce fait une intention de nuire.
Charleroi partait avec au moins deux handicaps par rapport aux autres communes. D'une part, le collège, déstabilisé par les affaires, n'a pu vraiment commencer à travailler qu'en juillet 2007. D'autre part, il a fallu « remettre la machine en marche », explique Jean-Jacques Viseur. Car non seulement toutes les têtes de l'administration sont tombées, mais il a fallu stabiliser l'administration, déboussolée.
Des instruments de gouvernance et un bureau d'éthique et de déontologie ont été mis en place. Il a fallu rétablir la légalité des marchés publics, notamment en créant une cellule « marchés publics », et, surtout, intégrer les nouvelles habitudes. Avec, pour effet, de se trouver parfois confronté à une quasi-paralysie, concède le mayeur. « Il faut se pénétrer de la démarche et de la logique des marchés publics. C'est en bonne voie », estime-t-il.
Cela étant dit, Jean-Jacques Viseur dresse un premier bilan positif de cette mi-législature pour les trois priorités de la tripartite.
« En coopération avec le CPAS, on a maintenu un niveau important d'intervention sociale, et ce malgré la crise. » Il illustre ses propos par le plan « grands froids » : « Charleroi a su faire face. » Jean-Jacques Viseur trouve aussi « évidente » l'amélioration de la propreté « grâce à une meilleure utilisation des hommes et du matériel » . « Le nombre d'amendes administratives a été multiplié par quatre en deux ans. On récupérera tout ce qu'on peut récupérer. » La sécurité n'est pas le moindre motif de satisfaction : « On a renversé la vapeur », avance le bourgmestre qui annonce que, depuis février, le cadre 1 158 est complet. « On assiste à un mouvement spontané de candidatures pour Charleroi », indique-t-il. Un phénomène qui va de pair avec une action efficace : « Charleroi est la seule grande ville où la baisse de la criminalité est nette. C'est aussi positif pour la sécurité routière, et nous avons renouvelé charroi et équipement. »
Un meilleur fonctionnementReste les points noirs. En commençant par la situation budgétaire : « Charleroi a un rendement de l'IPP plus faible car la ville est pauvre. Or, nous avons, en tant que pôle régional, des obligations plus importantes. Il faut convaincre les pouvoirs de tutelle qu'il faut davantage. D'autant que la part communale pour la police augmentera. On n'a pas assez de recettes, mais les causes sont extérieures. » L'autre défi concerne le fonctionnement de la ville. « Les bâtiments sont trop nombreux, trop dispersés. Une rationalisation physique est indispensable. » De plus, le gestion de la structure administrative est difficile en raison, notamment, des congés de maladie, de ligne de commandement dispersée, de l'insuffisance de postes à responsabilités, de situations statutaires anormales qui ne peuvent être récupérées qu'en plusieurs années.
« C'est long, mais la tâche est immense : il faut respecter toutes les règles, en concertation. On a sous-estimé le temps nécessaire, mais c'est bien engagé », assure le mayeur. Jean-Jacques Viseur tient un discours du même ordre pour les marchés publics : « Passer à une logique prévisionnelle est un tout autre travail. C'est, culturellement, très difficile. Mais l'amélioration se mesure d'année en année. »