En 1998, Thierry Busine reprenait officiellement l'entreprise de son beau-père - la « Maison Degroote » - dont la réputation a été forgée par (au moins) cinq générations de vanniers. Au fil de ces dernières, l'osier a, petit à petit, cédé la place au rotin. Une plante venue d'Indonésie et devenue populaire chez nous principalement après l'Expo 58. Plusieurs stands comprenaient en effet des meubles fabriqués en rotin. Lequel offre, par rapport à l'osier, l'avantage d'une meilleure flexibilité, ce qui le rend aussi beaucoup moins cassant. C'est aussi sensiblement à cette époque qu'est apparue la technique du cintrage à la vapeur alors qu'avant, pour obtenir de belles courbes, la tige de la plante devait être chauffée au moyen d'un chalumeau. Une pratique qui présentait l'inconvénient de laisser des traces noires peu esthétiques. La vapeur permet par contre de plier les tiges de rotin au gré de la fantaisie de l'artisan. Et en ce domaine, Thierry n'en manque pas, afin de répondre aux demandes d'une clientèle de plus en plus exigeante.

« Si nous possédons quelques modèles dans notre showroom, explique-t-il, nous travaillons uniquement sur commande. Tout ce qui est fabriqué ici a déjà été vendu. Que ce soit un fauteuil, un meuble, un canapé pour chien ou n'importe quelle autre pièce, tout est réalisé par nos soins, à la main. Nous partons des tiges de rotin brut, d'un diamètre de 6 à 38 mm. jusqu'au produit fini, depuis le trempage à la finition, en passant par l'assemblage, la confection des ligatures, le ponçage, la coloration et la réalisation des coussins dont s'occupe mon épouse Françoise. » Pour l'heure, Thierry s'est principalement consacré à la fabrication de meubles traditionnels mais il envisage d'enrichir sa palette avec une collection design. « Nous mettons au point un tout nouveau procédé de fabrication que je ne peux dévoiler pour le moment, poursuit-il, mais il permettra de réaliser des formes inédites avec le rotin permettant des créations modernes et futuristes. » De quoi assurer la pérennité d'un artisanat qui souffre de la concurrence asiatique. Même si cette dernière n'égalera jamais la qualité forgée par un savoir-faire ancestral...

Thierry Busine ouvre les portes de son atelier au Chemin du Sart, 6, à Vieux-Leuze, ce dimanche, de 10 h à 17 h, dans le cadre de la journée de l'artisan. Tél. : 0478/40 85 48.