Un peu d'orgueil, le goût du dépassement de soi et le désir de faire des rencontres : voila ce qui pousse Léon Tillieux à parcourir le monde sur son vélo.

Depuis 2001, cet habitant de Faux-Les Tombes a effectué 6 voyages pour un total de 20 438 kilomètres. « En Belgique, on est dans un des pays les plus riches du monde et on ne cherche que trop rarement à se surpasser. On peut dire qu'on est le cul dans le beurre ».

7000 km dans Les Andes

Dernier périple en date : la « Transandine », un voyage qui partait de Quito pour rejoindre La Paz en passant par Lima. Ce qui constitue une véritable performance : 6988 kilomètres parcourus avec le franchissement de cols de plus de 4000 mètres d'altitude. « Ce n'était pas facile du tout. Je suis resté huit jours à 3000 mètres d'altitude afin de m'acclimater. C'était indispensable pour réussir ce voyage, il fallait bien se préparer ». Léon Tillieux a tout de même souffert de maux de tête, dûs au manque d'oxygène : son remède ? Mâcher des feuilles de coca ! Pour Léon, le premier col a été terrible. « J'ai pensé à arrêter. C'était le premier jour et je souffrais vraiment. Mais à la fin de la journée, quand j'ai accompli les 80 kilomètres prévus, je savais que la Transandine était gagnée pour moi ». Mais pourquoi s'être lancé, à 60 ans, dans une aventure aussi difficile ? Tout est parti d'une déception, celle d'avoir raté de peu une place dans la sélection pour le Beau Vélo de RAVeL.

« Ça a été le déclic, ce qui m'a poussé à préparer ce périple ».

Soutenir des ONG

Chacun de ses voyages a son objectif : cela va de la visite du camp d'Auschwitz aux centres de santé de la Fondation Damien au Bangladesh, en passant par des rencontres avec les populations des Andes. « Je garde des souvenirs assez forts de la Transandine : les gens étaient très accueilants avec moi, ils m'ont vraiment fait partager leur culture, leurs tradition

s » . Léon Tillieux a travaillé pendant une trentaine d'années dans la coopération au développement. D'où cette idée de sensibiliser aux questions environnementales et humaines à travers ses voyages. Ceux qui voulaient soutenir Léon dans cette démarche pouvaient le faire très simplement : en versant une somme d'argent à Oxfam ou à « Entraide et Fraternité ». Ces deux ONG soutiennent sur le terrain l'engagement des communautés paysannes face au réchauffement climatique. « En plus du défi sportif qu'ils constituent, ces voyages donnent un sens à ma vie ». C'est une décision que Léon a prise un peu avant d'arrêter de travailler : sa prépension, il allait la passer à parcourir le monde à vélo. Jusqu'à « rater » la naissance de sa quatrième petite-fille ! Prix du Coeur 2008 Toutes ces performances sportives ont valu à Léon de remporter le Prix du Coeur 2008 lors de la remise du Trophée du Mérite Sportif de la Ville de Namur. « Pour moi, c'est le plus beau prix. Il réunit deux valeurs que mes parents m'ont inculquées : le courage et la solidarité. Ce prix me rattache à mes racines, et c'est très important à mes yeux ». Pour ce qui est de l'avenir, Léon se sent toujours en pleine forme et envisage d'autres voyages. « Je n'ai encore rien planifié précisément, mais mon prochain voyage se déroulera en Asie ». Visiblement, la route n'est pas prête de s'arrêter pour Léon...