Le bourgmestre Remy défend lui aussi son bilan, mettant l'accent sur la somme investie dans la rénovation des bâtiments communaux et des voiries mais pas de révolution annoncée. La confortable continuité...

Par contre, la même question embarrasse le leader de la minorité, Robert Joly, ex-échevin des Finances. « J'ai envie de dire : Circulez, y a rien à voir » . L'avocat voudrait se prêter à l'exercice sans paraître méprisant ou prétentieux mais il y va franco : « C'est difficile de parler du néant, ou quasi le néant, mais c'est peut-être ce que les habitants de Mettet veulent, une petite vie tranquille sans ambition collective ». Robert Joly se veut tout aussi lucide et mordant que son successeur aux finances dont il salue l'honnêteté. Mais, pour le reste, il assène un constat cinglant et sans appel : « Manque de souffle, de vision d'ensemble, d'énergie, de présence. Et manque, surtout, d'une volonté de prendre les problèmes à bras-le-corps en postposant les choix douloureux ». Et Robert Joly d'être convaincu que la majorité d'aujourd'hui se la coule douce parce qu'elle vit sur les acquis et les efforts de l'ancienne majorité, en ce compris ses efforts de ramener les finances à l'équilibre.

« Mettet dort et le collège somnole »

Le collège ? « À part Pierre Hubot, ce ne sont pas des gens de dossier, ils n'impulsent rien. Le bourgmestre se veut sympathique, il est gentil, il veut tout régler, il n'a de cesse de dire qu'on va voir ce qu'on va voir, mais on ne voit jamais rien » tranche Joly. « Mettet est une cité-dortoir et eux, ils somnolent. » Écolo refuse le manichéisme de l'exercice : on ne flingue pas pour le plaisir. Néanmoins, le bulletin des verts est affligeant : « Ils donnent l'impression d'être dépassés par la gestion quotidienne. Alors, faut pas attendre d'eux des projets » lance la secrétaire politique de la locale Écolo Kristien Valette. Pour Pierre De Roover, conseiller « ils ont du boulot pour redorer leur blason ». Et les deux de reprocher cette navigation à vue : « On ne voit pas de vision à long terme. Il y a un manque d'entrain ». Pour Écolo aussi, l'équipe du maïeur manque de cohésion et de cohérence : « Il n'y a pas de chef d'orchestre ». Le bourgmestre, censé incarner ce chef, est gentil dit-on mais sans envergure et sans éloquence.

La majorité MR-cdH est-elle aussi nulle que cela ? Le bourgmestre ne s'attend à rien d'autre de la minorité tandis que Pierre Hubot cite la relance du PCDR (plan communal d'aménagement du territoire). « Nous avons préservé l'emploi et une nouvelle administration sortira de terre dans les anciens Ets Palate. Nous avons les projets qu'on peut ». Malgré ça, Robert Joly reste implacable : « Pour gérer comme ça une commune, la politique, moi, ça ne m'intéresse pas ». C'est le choc de deux cultures politiques et celle choisie par la majorité des citoyens de Mettet semble être incarnée par la bonhomie, sans vague ni remous, de l'équipe du bourgmestre Remy.P.W.