À Saint-Denis, pour lancer la révolte, les riverains de l'autoroute des betteraves ne prennent pas les fourches mais plutôt le chrono le décamètre. Ils ont en effet calculé la distance et le temps d'un itinéraire « bis » pour les camions de betteraves. « L'idéal serait d'obliger les camionneurs venant de l'ouest à rester sur l'E42 plutôt que de sortir à Spy », explique Katty Leroy, coordinatrice d'une pétition qui propose aussi des solutions. « Ils iraient jusqu'à l'échangeur, reprendraient l'E411 vers Bruxelles et sortiraient à Saint-Germain. » Seraient ainsi épargnés les villages des Isnes, Bovesse, Saint-Denis et Meux. C'est déjà ça. « On a calculé l'impact pour le transporteur : même si le trajet est allongé de 5,5 kilomètres, la durée resterait la même. » Sur l'autoroute, les vitesses sont en effet sensiblement supérieures. Tout le monde serait donc gagnant ?

Tous sauf les riverains du dernier tronçon, celui qui relie Saint-Germain à Longchamps. Quelles solutions pour eux ?

Interpellés à plusieurs reprises sur la question, le bourgmestre Dominique Van Roy avoue ne pas avoir de recette miracle. « Peut-être l'étude d'incidences amènera-t-elle des solutions. On peut toujours rêver », souffle, un peu caustique, le mayeur éghezéen. De manière un peu « originale », le bourgmestre avait ordonné une réduction de la vitesse à 50 km/h pour la traversée d'Upigny. Mais c'est aussi au SPW, gestionnaire des routes concernées, de se lancer dans la bagarre. Du côté de la râperie, on ne veut pas trop réagir aux critiques des riverains. « On attend les conclusions de l'étude d'incidences pour prendre les bonnes dispositions », se borne-t-on à commenter à Tirlemont, tout en rappelant que certaines mesures sont déjà prises. Nettement insuffisantes, selon les voisins directs.

S.Hq.