CHARLEROI - «Je balaie devant ma porte, que les autres le fassent aussi. » Alain Eyenga résume, de façon très pragmatique, le sens de l'action de fond qu'il entend mener dans les prochains mois, et au-delà. « Dans notre tâche en faveur de la propreté, la Ville se doit de montrer l'exemple, explique l'échevin de l'Environnement. C'est pourquoi j'entends que les bâtiments communaux soient irréprochables. » Le règlement général de police est aussi d'application pour l'administration, explique l'échevin réformateur. Or il n'est pas rare que les abords des sites communaux soient envahis par les herbes folles, ne soient pas entretenus. « Personne ne prend en charge ce type d'entretien car les compétences ne sont pas clairement confiées à un service. C'est un no man's land à éclaircir. Ce genre de travail ne s'effectue que de façon ponctuelle, par les éco-cantonniers qui dépendent du service des Quartiers. Mais ils ont d'autres tâches et leurs effectifs ne leur permettent pas beaucoup d'agir autrement que dans l'urgence. » Comme le problème est transversal, l'échevin a l'intention de mettre les différentes parties à la cause autour de la table - écologie urbaine, propreté, voirie, bâtiments, Régie foncière - mais aussi CPAS et économie sociale. Car l'idée, c'est de passer un marché public avec une entreprise d'économie sociale qui se chargerait de l'entretien des abords des bâtiments communaux - trottoirs, filets d'eau et autres menus travaux. « Une étude technique sera lancée et achevée cette année. On espère commencer en 2011. » Ce rôle d'exemple, Alain Eyenga entend l'inculquer aux différents services publics établis sur le territoire carolo. « Les problèmes de propreté reviennent toujours vers mois, qu'ils concernent le MET ou Infrabel. Mon rôle est celui d'un coordinateur. J'estime que si je balaie devant ma porte, il leur incombe d'en faire de même. » Le tri à l'administration Dans la même logique, le successeur de Philippe Sonnet compte bien, dès 2010, prendre à bras-le-corps la gestion des déchets générés par l'administration. « Jusqu'ici, il n'existe aucun tri organisé des déchets, si ce n'est la récupération des cartouches de toner. Dès 2010, une campagne de sensibilisation sera lancée. Le matériel nécessaire suivra. » L'échevin entend aussi rationaliser le matériel propre à son service, sans doute en recourant au leasing, établir un cadastre du son et poursuivre l'amélioration des espaces verts, en particulier les parcs, en commençant par celui de Monceau.
L'idée centrale, en tout cas les moyens envisagés, n'enthousiasme guère Xavier Desgain. Le conseiller écologiste s'étonne que la tâche ne soit pas confiée aux services communaux existants (entretien, propreté). « On fait appel à l'extérieur car il n'y a pas d'organisation en interne. Cela illustre à merveille l'absence d'organigramme à Charleroi. » En revanche, pas de problème pour le tri : « Il a tout à fait raison. D'autant que ça réduira les coûts pour la Ville. »