C' était le 7 janvier, au conseil communal. Habituellement morne, l'assemblée applaudit, à l'unanimité, la renaissance du PCDR de Mettet. PCDR pour Plan communal d'aménagement rural. Ce soir-là, les élus ont adopté l'avant-projet, piloté de concert par l'échevin MR Claude Boussifet et une dizaine de personnes ressources. Des sociétaires impliqués, souvent populaires.
Le PCDR revient en fait de très loin. Initié en 2001, sous le maïorat d'Adelin Mathieu, ce plan ambitieux, né d'une volonté politique de mettre les citoyens dans le coup, a fini par capoter. En 2007, il était au point mort, sévèrement critiqué.
L'échevin MR s'est chargé de relancer un appel à candidatures et de remotiver les troupes. Le tandem formé par la société Impact (sous-traitant du BEP) et la Fondation rurale de Wallonie, chargé d'animer les réunions, a été changé. Le BEP est devenu auteur de projet, en partenariat avec la société Trame de Limont (Donceel, près de Liège) dont son animatrice Cécile Schalenbourg.
Pourquoi un PCDR ? « Le plan vise à mobiliser les citoyens, à les faire réfléchir aux spécificités de leur milieu, rural et agricole. Il leur a permis de se constituer en commission et d'élaborer en toute connaissance de cause des projets susceptibles de faire croître le niveau de vie et préserver l'ensemble des relations sociales qui caractérisent Mettet et de ses villages » explique Claude Boussifet, qui insiste sur le caractère participatif de la démarche.
Au total, une cinquantaine de citoyens ont participé au PCDR, dont un quart d'élus. Ils se sont régulièrement réunis, ont rédigé des fiches projets. Cela a coûté beaucoup d'énergie. Au final, 53 bonnes idées ont été retenues dont certaines seront réalisées d'ici 3 ans, avec l'appui de subsides régionaux. D'autres à plus long terme, à 5 ou 6 ans. Enfin, certains petits projets seront financés exclusivement par la commune. Début mars, ces projets passeront devant la CRAT, la cellule régionale d'Aménagement du territoire, pour un dernier avis.
Il est un projet déjà promis à un bel aboutissement : la réfection de la salle Saint-Martin de Biesme. Vieillotte, cette infrastructure de pierres sera réhabilitée en espace de rencontre et de convivialité. Les mauvaises langues diront : encore Biesme, la commune du maïeur, la commune chouchoutée, où il soigne son électorat.
L'échevin Boussifet tempère : « Oui mais c'est la décision de la commission. Tout le monde a dit oui, toutes tendances confondues, tous villages confondus. » Les travaux coûteront quelque 703 000 €, subsidiés à 80 % par la Région. P.W.