Une nouvelle étape importante a été franchie dans la procédure de révision du plan de secteur au bois de Mâle Plume, à Thon (Andenne) et Mozet (Gesves). Le 29 janvier, le Gouvernement wallon a initié l'étude d'incidence préalable à l'inscription du périmètre, actuellement en zone d'extraction, en zones forestière et agricole. Plus exactement, le Gouvernement a défini, par voie d'arrêté, ce que devra contenir l'étude d'incidence relative à l'avant-projet de révision du plan de secteur. Un appel d'offres va maintenant être lancé afin d'attribuer le marché à un bureau d'étude.

Lancée par le ministre Antoine lors de la précédente législature, la procédure de révision du plan de secteur suit donc bien son cours, appuyée par le ministre Henry. Comme son prédécesseur à l'aménagement du territoire, Philippe Henry a fait part de son opposition « sans réserve » à l'ouverture d'une carrière au bois de Mâle Plume. « Ce site est inadapté par rapport à une exploitation industrielle », a-t-il déclaré en commission du Parlement wallon. Une façon radicale d'empêcher la moindre création de carrière est de changer la destination des lieux au plan de secteur...

Les regrets de Mâle Plume

Cela ne fait évidemment pas les affaires de la SA Carrières Mâle Plume, association entre les sociétés Van Niewpoort et Solvay. Propriétaire du site, elle souhaite en extraire la roche. Son projet fait actuellement l'objet d'une étude d'incidences par le bureau AEP (lire ci-dessous). « La SA Carrières Mâle Plume regrette la décision du Gouvernement wallon », a indiqué hier le promoteur par voie de communiqué. « Ce site qui, depuis plus d'un demi-siècle, est destiné à l'exploitation d'une carrière, a d'ailleurs vu sa destination confirmée dans le plan de secteur en 1986, y lit-on encore. C'est conformément à cette planification sectorielle que la SA Carrières Mâle Plume souhaite exploiter ce site carrier reconnu. » Estimant que la révision du plan de secteur est discriminatoire, la SA Carrières Mâle Plume et la SA Société de gestion de Mâle Plume avaient introduit en mai dernier un recours au Conseil d'État. Cette action est toujours pendante.

L'ASBL « Non à Mâle Plume » s'est réjouie de la décision du Gouvernement wallon, de même que le cdH d'Andenne, par la voix de son chef de file Étienne Sermon.